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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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traîner la- Pragmatique Sanction par les rues, Sc hfouetter comme Xerxès avoir fait autrefois l'Hellef-pont. Le Parlement résista fortement à cette révoca-tion , & refusa son consentement avec beaucoup devigueur. Aullì malgré les estons de la Cour de Rome,la Pragmatique Sanction demeura-t-c Ile toujours en

j vigueur jufqu’à François I. Le concordat fait entreLéon X. & François I. en i f i y , a abrogé la Pragma-tique Sanction, que les Italiens ont traitée d Héréti-que Sc de Schisinatique. Le Parlement de Paris nevérifia le concordat qu après des ordres réitérés duRoi, avec la résolution secrette de juger toujours con-formément à la Pragmatique Sanction. C’est pourquoile Roi, par une Déclaration de 1/17, transporta la. connoiíîànce de toutes les affaires concernant les Bé-néfices qui font à fa nomination, au Grand Conseil.Maréchal, Probus & Guimiez ont flair des commen-taires fur la Pragmatique , &c depuis peu M. Pinson,Avocat.

Pragmatique Sanction de l’Empereur Charles VI. Ellea : fait trop de bruit dans l'Europe, pour ne pas méri-ter qu’on en parle. L'Empereur la publia le 19 Avril171 y, au sujet de ses domaines propres, afin d'enformer un íeul État héréditaire Sc indivisible, destinéaprès fa mort, à fa fille aînée & à ses defcendans ; &

• en cas de la mort de ceux-ci, aux autres Archiduches-ses dans l’ordre de la ligne d’aînesse ou directe. Cequi appelle dans cet ordre à la succession les Électricesde Saxe &c de Bavière, ou leurs représentants, puis laMaison de Portugal, & enfin celle de Lorraine. II afait approuver cette disposition par fes propres Étatsen ïj 10, Sc l’a affermie par la garantie de l’Angle-terre.en 17; r, puis de la Hollande, de la Ruíîie ôcdu Dannemark. Il la fit même agréer en Janvier 1731,*aux États de PEmpire ; excepté que les Électeurs deBavière & du Palatinat, & les Évêques de Frisinghen& de Ratisbonne, n’y consentirent pas ; à cause qu’enacceptant cette garantie, difoient-ils, on s’engageroità des guerres pour des domaines indépendans del’Empire. La Pragmatique Sanction a été faite pourrégler la succession de la Maison d’Autriche au dé-faut d’hoirs mâles. On dit, la cause Pragmatique ,le parti Pragmatique , l’armée Pragmatique. Toutesces expressions nouvelles prennent leur origine dansla Pragmatique Sanction de l’Empereur Charles VI,par laquelle il assure la possession de tous fes États hé- jréditaires, à la Reine de Hongrie, fa fille; ce qui a oc-casionné la guerre. Ainsi le parti Pragmatique , fontles Alliés qui ont entrepris la défense de la Reine deHongrie, poyr le maintien de la disposition de Char-les VI. L armée Pragmatique , est 1 armée combinéede la Reine de Hongrie Sc de fes Alliés. La causePragmatique est ce qui concerne le maintien de cetteconstitution de Charles VI. On dit aussi la cause Anti-pragmatique , le parti Antipragmatique , l’armée An-

tipragmatique.

Ce mot vient de pragmatica , qui signifie ordonnan-ce en Espagne. Dans le Droit on appelle pragmaticum,une Loi ou Édit de l’Empereur. Il en est parlé dans laLoi X. au code de sacrosanctis Eccleflis , Sc dans lesCapitulasses de Charlemagne.

.A? Sanction , signifie proprement une ordonnance por-tant une peine contre les contrevenans ; & Pragma-tique signifie public, qui concerne l’État, ou qui pres-crit la forme que l'on doit observer dans une certainematière, ou bien enfin , qui est fait, ordonné d’aprèsl'avis des gens Pragmatiques ou Praticiens, c’est-à-dire , des gens les plus versés dans les affaires.

PRAGOSA. Nom d’un cap. Pragofum promontorium ,anciennement, Lithoprosopus mons , Theuprofoponpromontorium. C’est une montagne de la Phénicie, enSyrie. Elle avance un cap dans la mer Méditerranée,entre Tripoli Sc Giblet. Matv.

PRAGUE. Nom dune ville capitale de la Bohême. Pra-ga. Elle est fur le Muldaw,à 22 lieues au-deílous deBud-weifs, & à cinq au-dellûs d’Elbe. Prague est uneville bien bâtie, Sc bien peuplée. Elle passe pour laplus grande de toute l’Allemagne. Elle est divisée entrois parties ; la vieille Sc la nouvelle Prague font auTome FI,

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' Iqvant de la rivière, & la petite Prague , jointe a lanouvelle par un pont de 24 arches, est au couchant.On voit dans celle-ci le Palais des Rois de Bohême, l’É-glife Métropolitaine, & une citadelle. Il y en a une■' autre fur une colline hors de la ville. Prague a un Ar-chevêché Sc une Université.La plupart des Géographesprennent Prague pour l’ancienne Bubienum Sc Maro-budum, ville des Marcomans, laquelle quelques au-tres pourtant mettent à Budweifs. Mat y. L'Évêché dePrague fut érigé vers Fan 967, par Jean XIII e Souve-rain Pontife, à la demande de Bolellas le Bon, Ducde Bohême. Le premier Évêque fur un Moine de Saxenommé Dithmar, qui fut sacré par l’Archevêque deí Mayence. §CT Long. 3 2 d. 16 m. 3 o f. lar. j o d. 4 m.30 secondes.

PRAGUERIE. f. f. Vieux mot. C’est une ancienne émo-tion de France. Borel. £f 3 “ Quelques factieux fe ré-voltèrent contre Charles VII, Roi de France, avantà leur tête le Seigneur de laTrémouille. Ce parti au-quel on donna le nom de Praguerie; fut bientôtdissipé.

PRAIERIE. f. f. Prairie. Merlin. Borel. Pratum.PRAIN. adj. Vieux mot qui a été fait du Latin pragnans ,pour signifier la même chose. Nicod remarque qu ilne s'est guère dit des femmes , ni de toutes fortes debêtes, Sc qu on difoit : cette femme est grosse ou en-ceinte ; une jument, une ânesse pleine; mais de cer-taines bêtes comme une ourse prain. Preim fe trou-vera à son rang.

§CF PRAIRIE, f. f. Grande étendue de terre destinée àproduire de l’herbe. Prata. Les prairies naturelles fontcelles dont les herbes croissent, naturellement. Lesprairies artificielles font celles où l’on feme du trèfle,du sainfoin, de la luferne, &c. Les petites rivièresfont d’ordinaire bordées de prairies , arrosent lesprairies , serpentent dans les prairies. On appellepoétiquement, émail des prairies , les Heurs qui yfont.

La riviere des Prairies 3 ou des Hurons. Pratorum ,ou j Turonum fluvius. C’est une rivière du Canada dansl’Amérique septentrionale. Elle fe décharge dans ìa ri-vière de Sainr-Laurent, du côté du nord, vis-à-vis del’île de Mont-Réal. Maty.

PRALINE, f. f. Sorte de dragée j amande qu’on fait ris-soler dans du sucre. On 1 appelle praline parce quece fut un Officier du Maréchal du Plessis-Prâlin , quis’avifa le premier d'en préparer de cette façon , Sc d’enservir fur la table de son maître.

PRAME. f. f. Terme de Marine. Sorte de bâtiment deMoscovie, propre pour les canaux. Linter. Il y auradans la Hôte du Czar treize prames , dont il y ena cinq prêtes à mettre à la voile, & huit qui font en-core en chantier. Gaq. 172 j , p. 26j.

PRANGÉLER. Vieux v. a. Ruminer ; de prandium.Nicod. Borel. Ruminare.

PRANGIN. Village de Suisse au Canton de Berne, dansle Bailliage de Nyon, à demi-lieue de la capitale dece Bailliage.

PR ANGUI, f. m. Terme de Relation. Franc, Européen;

c’est ainsi que les Indiens appellent les Européens.

. Francus , Europeus ,a. C’est une nécessité aux Missio-naires des Indes de prendre le tems de la nuit pours’éloigner des côtes habitées par les Européens ; car sinous étions apperçus des Gentils, ils ne manqueraientpas de nous reprocher que nous sommes Pranguis ,

Sc cette idée qu’ils auroient nous rendroit méprisablesà leurs yeux, Sc leur inspirerait pour la Religion, unehorreur que sonne pourrait jamais vaincre.L ettresÉdif. TomeX, p. 126. Les Brames, pour purifierun jeune homme dc leur caste de la souillure , qu’ilavoir, difoient-ils, contractée en demeurant avec unPrangui, firent la cérémonie qu’ils appellent purifi-cation. Ils coupèrent la ligne du jeune homme j.^çstun cordon, qui est la marque de noblesse, lé firentjeûner trois jours, le frottèrent a plusieurs reprisésavec de la fiente de vache ; Sc Payant lavé cent neuffois , ils lui mirent une nouvelle ligne Sc le firentinan-ger avec eux dans un repas de cérémonie. LettresÉdif. T. X> p. 28 3 2p. ' '"*•

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