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Tome sixieme. [MIT - PRO.]
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dignité sont sujets à présumer trop d’eux-mêmes. Il nefaut jamais trop présumer de foi, ni trop peu : J’unvient de l’orgucil, 8c I autre de timidité 8c de foi-blelse. Milon Crotoniate fut mangé des oiseaux pouravoir voulu trop présumer de ía force corporelle.

IÉ? Présumé, ée. part.

PRÉSUMPCIER. Voye% ci-deílus Présompcier.PRÉSUPPOSER, v. a. Poser pour vrai, pour constant ;supposer préalablement qu’une chose est de telle &telle manière , pour fonder là-dessus quelque raisonne-ment ; supposer une chose, 8c en conséquence de cettesupposition en inférer une autre. Pr&supponere , fia-tuere. Si on présuppose que la terre tourne, on expli-quera facilement toutes les apparences célestes. La ihaine que vous dépeigniez avec des couleurs si som-bres, n’aveugle pas au point que vous le présuppose £.M. Scud. Suppose% íeroit meilleur. Réel.

Présupposé, ée. part. On dit absolument. Cela nrc/in-posé 3 pour dire, cela étant présupposé. Présupposé%que ía chose fût ainsi. Acad, Fr.

PRÉSUPPOSITION. 1. f. Supposition préalable qu’unechose est, ou peut être ainsi. Pr&supposûo. Il y a desprésuppofiúons qui sont frustes , dont on tire néan-moins des vérités certaines ; comme il arrive dans larégie de fauste position de l’Arithmétique, ou de l’Al-gèbre.

AT PRÉSURE, f. f. C’est un certain acide qu on trouvedans 1 estomac des jeunes animaux , comme veaux,agneaux, &c. qui se nournllcnt encore de lait de leurme re. Coagulum. Bartholin prouve par-Ià, qu’il y aunacide dans le ventre des animaux , qui ne so détruitpoint parla mort. C’est de la présure qu’on se sert ordi-nairement pour faire cailler Je lait. U s en trouve austidans l’cstomac des chevreaux ; & il pourroit y en avoirausti dans celui de l’homme. On di t qu’enrre les bêtesdentées le lièvre a de la présure. Plus on garde la pré-sure j 8c meilleure elle est. On file cette substanceacide pour laconíerver. Quoique la présure faste cail-ler le lait, si on cn met après qu’il est caillé, elle ledill’out. Si on met du sel dans le lait avant la présure , ilempêche qu’il ne fe caille. Si on en met après, il l’en-durcit. Mattiiiole.

Outre cette présure animale , il yen a qu’on tire desvégétaux, comme la sieur d’artichaux , du chardon-net, la sieur du Gallium qu’on appelle pour cela caille-lait, &e.

Ce mot vient du Latin pressura , parce qu’clle preste,épaiísit 8c caille le lait. C’est pourquoi Aristote dit quela présure ou le caillé est la propre substance du lait :mais il dit qu’il s’en trouve dans tous les animaux quitètent, 8c surtout dans ceux qui ruminent, quoiquel’expérience soit contraire.

PRÊT. s. m. Action par laquelle on communique à unvoisin , un ami, quelque chose dont il a besoin, à lacharge de le rendre cn certain tems. Le prêt est unosiìce gratuit & désintérellé. Il y a deux sortes de prêts jl’un quand une chose se consume par l’usage , commele blé : les Latins l’appeloient mutuum. L’autre , quandla chose ne se consume point, comme un cheval : lesLatins l’appeloient commodatum. ££? Dans le prêtmutuel , mutuum , que 1 on appelle austi commoda-tum ad abusum 3 on rend une choie de même genre ,ou semblable en substance, quantité & qualité. Danslc prêt à uíàge, commodatum ad usum 3 le tems expiré,on rend la chose en même espèce.

fpCFLe prêt n est ni vente, ni aliénation. Dans ce sens il nese dit guère que de largeur qui se prête par contrat oupar obligation, en style de pratique ou de sinance.

§3“ On le dit plus souvent de la chose prêcée, prêt gratuit.Prêt qui ne porte point d’intérêt. Prêt usuraire. Iln’est pas permis de stipuler des incérêts pour prêt d’ar-gent. Les prêts sut gages Sc à usere four défendus.

Prêt des gens de guerre, est une avance qu’on fairdecinq jours en cinq jours aux soldats de quelque argent,en attendant leurs montres, pour les aidera subsister.Payer , faire le prêt. JEra militi numerare , pendere.Toucher le prêt. Stipendium accipere. U est dû quatreprêts aux soldats.

Prêt , en termes de Finances, est une certaine sommeTome VI*

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taxée qu’on frit payer aux Officiers pour être admis àpayer la Paulette. Taxatio.

On appelle prêt chez le Roi 1 estai que le Gentilhom-me servant, qui est de jour pour le prêt 3 fait faire auChef du Gobelet, du pain , du sel, des serviettes, dela cuiller, de la fourchette, du couteau, & des curc-dents qui doivent servir à ha Majesté ; ce qu’il fait avecun petit morceau de pain dont il touche toutes ceschoi es, puis le fait manger au Chef du Gobelet. Celas’appelle faire le prêt. La table fur laquelle 011 fait cetestai, s’appelle la table du prêt 3 8c est gardée par leGentilhomme servant.

PRÊT , PRÊTE. adj. Préparé, disposé. Pr^paratus , dis-postus 3 expeditus. Qui est en étac de partir, ou defaire quelque autre chose. In proctncluftare. Se te-nir prêt í exécuter le commandement du Général.Ablanc. Je suis prêt de maintenir mon sentiment laplume à la main, jufqu’à la dernière goutte de mon en-cre, &c. Gos. Un soldat doit être toujours prêt d’o-béir, de marcher, de combattre. Ce Général est toutprêt de donner bataille. La ville est prête à se rendre.Elle étoit prête à mourir pour consommer son sacri-sice. Boss. Remarquez que prêt de mourir signifie ladéfaillance du corps, & qu’on est fur le point de mou-rir : mais prêt à mourir , marque la disposition del’ame. Bouh.

|KT II semble qu’en général on doive dire prêt de , lors-que ce mot lignifie qu’on est íur le point. On mer àpour marquer la disposition de lame , 8c quandle verbe qui suit a une signification pasiive. Villeprête de se rendre, qui est sur le point de se rendre.Fille prête de se marier , qui est sur le point de se ma-rier. Fille /-/à à marier,à être mariée. Ville prête à

se rendre , à être rendue. Fruit prêt à manger, à êtremangé.

On dit austi qu une chose est prête. Le dîner est prêt .Prandium paratum. Les femmes ne sonc jamais prêtes;elles font toujours attendre. Ce procès est prêt à juger.Il faut être toujours prêt peur mourir , car on nc faitpoint l’heure. On dit d’un ícéléraf, que c’est un hom-me prêt à tout faire. Cet homme est toujours prêt àrire ,prêt à servir fes amis.

On dit proverbialement d’une chose qui tirera enlongueur, que ce n’est pas viande prête.

Ce mot vient du Lannpnt/Zo e[fe.

PRETANTAINE, ou PRETENTAINE, f. f. Il n’a guèred’uíàge que dans cette phrase du style familier : cou-rir la pretantaine ; pour dire, aller , venir : courir çi8c là sans sujet, lans dessein. On dit, qu une femmecourt la pretantaine ; pour dire , quelle fait des pro-menades , des voyages contre la bienséance , ou dansun esprit de libertinage.

PRETE. Osier fendu en trois pour tenir les cerceaux à re-lier les tonneaux. Un paquet , une torche de prête .Dici. des Arts , 17 3 1 -

£C? PRÊTE-JEAN. Voyc% Prêtre-jean , Négus.

PRÉTENDANT , ANTE. adj. Qui aspire à quelquechose, qui aune espérance bien ou mal fondée, dela postéder. Candidatus. Dans les élections il y a de labrigue entre plusieurs prétendons.l\ y a tant Ac préten-dons à la Couronne, à la Papauté, à ce Bénéfice, àcette Dignité.

Prétendant , sc dit au Palais de ceux qui ont droit euquelque chose , qui ont intérêt de la contester. Inter-ventores. On fait des publications de criées, afin quetous les prétendons droit fur les héritages s’y viennentopposer.

PRÉTENDRE, v. a. Je prétens , tu prétens 3 il prétend ;nous prétendons. Je prétendais. Je prétendis. J’ai pré-tendu. Je prétendrai. Que je prétende 3 que je préten-disse 3 je prétendrais ; prétendant. Pour l'impératif,on dit j prétens. On trouve très-souvent austi, nc pré -tendaï-je pas. Il faut assurément dire , aussi ne pré-tens-je pas. Corn. Quoique M. Fléchier ,un des meil-leurs Ecrivains François ait employé cette expressiondans ses Ouvrages, je fuis de lavis de Thomas Cor-neille , fur Vaugelas, T. II 3 p. S77 • Prenez garde,dit-il, de ne point mettre de après je prétens 3 commeje prétens de revenir ; c’est une faute. Ce verbe régis

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