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Tome septieme. [PRO - TE.]
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ses malheurs. Rac. On dit en Géométrie, prolongesune ligne; pour dire, la faire aller plus avant, la ren-dre plus longue, j uí'qu’à ce qu’elle ait la longueur as-signée.

Prolonger, en termes de Marine, c’est avancer Ion na-vire contre un autre, & le mettre côte à côte, flanc àflanc, ou vergue à vergue, cníorte que si leurs verguescroient prolongées, elles ne feroient qu’une ligne. La-tus navis alterius navis lateri adjungere . Prolongerun vaifleau.

PROLONGÉ, ÉE. part.

PROLUSION. f. si Ce mot n’est en usage que pourquelques ouvrages que l’on fait avant un autre, com-me des préludes , pour s’excuser. Prolusio. Diomèdeappelle prolufions , le Culex de Virgile & ses autresopuscules, parce qu’il les fit avant ses grands ouvrages.Les prolufions de Strada font des ouvrages fort ingé-nieux. M. Huet savoir les prolufions de Strada parcœur.

$CT ?ROLU5ioN , signifie aussi l’annonce publique quefont les Professeurs de leurs exercices & des matièresqu’ils doivent traiter. Les Professeurs du Collège Royalpublient des prolufions ou annonces pour leurs exer-cices. Goujet.

PROM, ou PRON. Nom d’une ville de l’Inde, de là leGange. Pronum. Elle est fur la rivière de Ménan , aunord de la ville d’Ava , & elle est capitale d’un petitRoyaume qui porte son nom, & qui dépend du Roid’Ava. Mat y.

fcy PROME. Terme de Coutume. F'oye^ Premesse.

PROME-CONDE. si m. Dépensier. Rabelais. Borel.Promus-condus.

PROMENADE, si si Lieu où l’on sc promene. Ambu-latio j deambulatio. Le Cours de la Reine, les Tuile-ries font d’agréables promenades. V’>ye\ Promenoir.

On dit hyperboliquement, pour témoigner qu’unlieu n’est pas fort éloigné, que ce n’est qu’une prome-nade. Ce Marchand va tous les ans en Espagne, ce n’estpour lui qu’une promenade.

Promenade , est aussi faction de se promener. Deam-bulatio. Allons faire un tour de promenade. Il est alléfaire une petite promenade jusqu’en Flandre. On dit,la promenade est belle aujourd’hui ; pour dire , qu’ilsait beau se promener, que le temps y est propre.Acad. Fr.

ftT PROMENER,SE PROMENER, v. récip. Marcher,aller à pied, à cheval, de quelque manière que ce soit,simplement pour faire de l’exercice, ou pour se diver-tir. On se promene à pied, à cheval, en carrosse. On*va se promener aux Tuileries , au Cours, fur le Bou-levard, dans les Champs. Ambulare , deambulare.

ÇCT Promener , est aussi actif. Promener quelqu’un ,c’est le faire aller çà & là pour le divertir. On pro-mène un enfant pour l’empêcher de crier. On promèneun Provincial pour lui faire voir les choses rares &curieuses. Un Héraut promenoit chaque athlète danstoute l’étendue du Stade. Circum agere , circum du-cere.

Promener un cheval, c’est le faire aller doucementau pas en montant dellus, plus ordinairement, en letenant par la bride ; ce qu’on appelle promener enmain. On promene un cheval qui a les avives.

On dit au Manège, promener un cheval fur le droit ;pour dire, le faire marcher fur une ligne droite. Equumagere , ducere ad dextram. Le promener fur les voltes,entre deux talons, la tête & les hanches dedans; pourdire, le faire marcher de côté entre deux lignes.

ÇCF On dit, au figuré, promener son esprit sur divers ob-jets , promener tes yeux , fes regards. Mente , oculisperlustrare. C’est porter ses pensées , tourner fa vuevers ces objets. Promener (es lecteurs a droite, a gau-che , tantôt d’un côté, tantôt de l'autre, leur présenterdivers objets. Oculis subjicere , proponere. Quand unPhilosophe rêve, il promene son esprit, son imagina-tion , sur tous les êtres de la nature. Le Prince prome-noit fes yeux fur toutes les belles de l’assemblec. Quandune profonde paix règne fur la mer, n’y a t-il pas beau-coup de plaisir à promener fes regards fur une étenduefi vaste & si unie ì Bouh. Platon lait égayer fes

PRO

Lecteurs en les promenant à droite Sc h gauche.'Dac.

ífT On dit aussi promener son chagrin, ses inquiétudes,en parlant de ceux auxquels le chagrin ne laisse aucunrepos.

On dit proverbialement à quelqu’un qu’on méprise,ou dont on est mécontent, allez vous promener. C’estun ennuyeux personnage , qu’il s’aillc promener, jel’enverrai promener.

Ce mot vient du latin prominare. Ménage.

PROMENÉ, ÉE. part.

PROMENOIR, si m. Lieu propre pour se promener, oùl’on a accoutumé d aller à la promenade. Ambulacrum,vel ambulatorium. Tout étoit grand dans les édificesde Salomon: les vestibules, les promenoirs. Boss.L’a-grément de cette ville , c’est qu’il y a à l’entour debeaux promenoirs. Proche des Théâtres, il y avoit despromenoirs publics. Ab. de Vit. Elle voulut aller voirles promenoirs, en attendant l’heure du souper. Voit.Les ombrages des promenoirs font toujours rafraîchispar l’aile du zéphir. Sar.

ffiT Ce mot a vieilli, & n’est presque plus en usage. Onlui a substitué promenade. Cependant ces deux motsne íont pas synonymes. Promenoir tient plus de l’artque promenade , qui suppose quelque choie de plusnaturel. Les Tuileries, le Cours, &c. font des prome-noirs. Une plaine, une prairie, &c. font des promena-des. Pourquoi ne pas conserver un mot qui a son ca-ractère propre ôc singulier ? Je le répète encore, crai-gnons d’apauvrir la langue.

ftF PROMESSE. í. f. Assurance qu’on donne à quel-qu’un de dire ou de faire quelque chose, engagementque nous contractons de faire à quelqu’un un avantagedont nous lui donnons l’cspérance. Promissum , pro-missio , pollicitatio. Un honnête homme ne manquepoint à sa p r ornese. Promiso fiare. Dieu a voulu in-téresser l’amour propre par des promesses, aussi bienque par des menaces. Ablanc. Ne vous laissez passéduire ni éblouir par les vaines & trompeuses pro -

' meses du monde. Boss. Une promese injuste n’ena-porte point d’obligation. Le Ch. de M. Un Courtisanhabile ne íè fie point aux promeses de la fortune, &ne veut point que son bonheur dépende de les capri-ces. M. Esp.

V ambitieux courbé fous le fardeau des ans,

De la fortune encore écoute les promesses.

Des-Houl.

Efi-il juste après tout qu un Conquérant s 3 abaisse,Sous la servile loi de garder sa promesse? Rac.

0CT Promesse , en Jurisprudence, signifie plus expressé-ment une convention de donner quelque chose à quel-qu’un , ou de faire quelque chose pour son avantage.Conventio , paclurn. Il y a des promeses verbales ,d autres rédigées par écrit. Ces dernières sont sousseing prive, ou pallées par-devant Notaires. Ces diffé-rentes promesses produisent différois effets. On vendun héritage avec promesse de garantir, fournir & fairevaloir, quoiqu’on omette cette clause, on est toujoursgarant de fes faits 8c promeses. On n’est point rece-vable à faire preuve par témoins d’une promesse ver-bale de mariage. Il est défendu à tous Notaires de re-cevoir, Sc à tous Prêtres d’exiger des personnes qu’ilsfiancent, des promeses de mariage par paroles deprésent.

La promese de mariage est un écrit, par lequel ons engage à épouser quelqu’un.

§3“ On appelle absolument promese , un billet sous seingprivé, par lequel on s’engage de payer quelque som-me. J’ai fa promese. Faire reconnoître une promese.Promese de payer dans un tel temps, à volonté.

PROMÉTHÉE, si m. Homme célèbre dans la Fable.C’étoit l’un des fils de Japet, qui, selon les Poètes,déroba le feu du ciel, pour en animer l’hommc qu’ilavoit formé ; en punition de quoi Jupiter le fit en-chaîner sur le Caucase , où un vautour lui dévote lefoie qui croît pour de nouveaux supplices.

i Prométhée.