p
u
AN
11A N
fèT On appelle aussi rainure , toutes les branches d’unarbre, Óc i’on dit, voilà une belle ramure.
R A N.
RAN. fi m. Vieux mot. Un bélier. Nicod. D ou vientmarran & marro, mot de Languedoc, qui signifie unmouton. Borel. Aries. >
Ran, vient de aran , le mâle des brebis: d ou pourroitvenir le mot de maroquin, aussi-bien queduRoyau-me de Maroc. Borel.
RANALS. Il y a deux îles de ce nom entre les Orcades:la Nord-Ranals qui est une des plus septentrionales,
& la South-Ranals ,qui est des plus méridionales, n é-tant séparée del’Ecoííe que par le petit détroit dePichtland. Elles font toutes deux fort petites, & peuconlidérables. On prend la South-Ranals pour 1 Oce-tïs de Ptolomée, que quelques-uns pourtant préten-dent être Pile d’Hoye ,qui estau couchant de hSouth-Ranals. Maty. ,
RANATITE. f. m. & f. On a mis dans le Moren cenom comme celui dune sc été de Juifs qui honoioientles grenouilles , & l’on cite tut cela Philastrius. Il estvrai que cet Evêque de B reste dans son catalogue deshérésies, dit qu’il y a eu des Juifs qui adotoient lesgrenouilles que la terre produiht du temps de Pha-raon, pour tourmenter les Egyptiens par leur puan-teur : que de son temps il y en avoir meme encore quidonnoient dans cette superstition , & qui croyoientque par ce culte impie ils pouvoient appaiser la co-lère de Dieu. Mais Philastrius les appelle RanarumCultores , Ôc non pas Ranatites, mot qui ne se trouvenulle part que dans le Moréri, ôc qui est mal forme.Car, i°. st faudroit dire Ranathyte. i°. Ranathyteseroit encore fort mal, composé d’un mot Latin r ana ,ôc de niot grec. Il faudroit dire, Batrachotyte .RANCE. adj. m. & f. Qui commence à se corrompre,& qui a contracté une mauvaise odeur pour avoir eterenfermé. Rancidus. L’air renfermé gâte les viandes,& les rend chansies ou rances. ^ ,
vé? Cette espèce d’altération qui donne une acrete fingulière, une odeur forte & un goût désagréable auxsubstances où elle se trouve, est particulière aux sub-stances huileuses, comme le lard, l’huilc, le beurre.On dit substantivement que du lard, du beurre, &c.sent le rance , pour dire qu’il est rance. On le dit austìdes confitures quand elles font trop vieilles. L’AcadI l vient du latin rancidus.
RANCE. Rivière de France dans la Bretagne. Elle a fitsource dans les Bois du Diocèse de Saint Bri eu, ôcse jette dans la mer, à la tour de Soledor, près de SMaloj
RANCHERIA. île de la mer du Sud, au nord de l’ílede Quibo.
RANCHE, f. f. Terme de Charpenterie. Scandula , fia-is machinaris,. Les rances font les chevilles ou éche-lons d’un rancher ou échelier. ,,
RANCHER. fi m. Terme de Charpenterie. Sorte dechelle, pièce dc bois garnie de chevilles qui ferventd’échelons pour monter au haut des estrapades, en-gins , grues. Anabathra machinaria. On l’appelle plu-tôt échelier pour les grues.
RANCHIER , ou RANGIER, en termes de Blason ^si-gnifie le fer d’une faulx à faucher de l’herbe, qu’onpeint sur divers écus en diverses íiïìetTes.Faix fœmfeca.Quand il est emmanché, il le faut blai'onner une faulx.RANCIDITÉ. f. f. Ranciiitas. Espèce de corruptiondésagréable, que les graisses & les substances huileu-ses contractent à la longue, & que la chaleur leur com-munique.
RANCIR, v. n. Devenir rance. Rancorem contrahere.
Ce lard commence à rancir.
I^^Cl, IE. part. Rancefcens. Du lard à moitié ranci.RA.NCISSURE. f. f. Qualité de ce qui est rance. Ran
ÍXvrst onyme ûc rancidïté , mais peu usité.^ANCCìEUR. fi fi Mot stors d'usage, qui signifie rancu-ne. Odium } Jimultas.
Excuse par pitié ma jalouse rancœur. RegMIER.
Tome FIL '
145
Faines chimèresDc haines <$’ de rancœurs,
Eloigne\-vous de nos cœurs. MalH.
RANCOLINER. v. a. Vieux mot. Rancoliner les pré-aux; c’est-à-dne,les rehausser avec de la terre. Borel.Attollere terra fuperìnjeclâ.
RANÇON, f. m. Arme d’hast dont on se servoit an-ciennement. C’étoit un fût ou bâton armé d’un feren pointe avec deux ailerons rranchans ôc recourbésen façon de Heur-de lis. Ilajla liliata , trifurca.Rançon, f. f. Somme qu’on paye pour la délivranced’un captif ou d’un prisonnier de guerre. Pretiumredemptionis. Les Turcs mettent les Chrétiens à unegrosse rançon. On dit par exagération, & quelquefoispat plaisanterie, en parlant d’une somme qui paroîtexcessive, que c’eít la rançon d’un Roi. U donne centmille écus en mariage à la fille, c’est la rançon d’unRoi. On dií'oit autrefois raançon.
|PT Rançon, fe dit austì de la composition en ar-gent, moyennant laquelle un vaisseau de guerre, ouun vaisseau corsaire relâche un vaisseau marchand en-nemi qu il a pris. Et en parlant des compositions qu’unArmateur a exigées des vaisseaux marchands, 011 ditqu’à ion retour dans le port, il a amené tant de ran-çons. Acad. Fr.
Ce mot vient du latin redemptio. MÌnAge.RANÇON, ou RANCO. Bourg de France, dans leLimosin, Election de Limoges.
(CT RANÇON. Petite rivière de Normandie , au paysde Caux, qui íè perd dans la Seine, près deCaudebec.RANÇONNEMENT. f. m. Action par laquelle onrançonne, on exige un plus haut prix des choiesqu’elles ne valent. Expilatio , exaclio , rapina , ve-xatio.
RANÇONNER, v. a Mettre à rançon. Dans cetteacception, on ne le dit guère qu’en parlant d’un vais-seau de guerre, ou d’un vaiíîcau corsaire qui relâcheun vaisseau marchand moyennant une certaine som-me. On dit qu’un Armateur dans fa course a rançonne'tant dc vaisseaux marchands.
Rançonner , signifie austì payer rançon pour quelquechose, racheter de lsenncmi. Redimere. On eut biende la peine à engager les Espagnols à rançonner leurbarque; mais à la fin ils furent obligés de payer unesomme considérable pour le corps du bâtiment, ôcpour quelques marchandises dont le Corsaire qui lesavoir pris, ne voulut pas te charger. M. D. T. O11 tâ-cha d’abord d’engager le Gouverneur & lc Corrégidorà rançonner la ville, lu. c’est-à-dire, à la racheter dupillage en payant fa rançon.
Ce mot est employé dans un sens figuré, en par-lant de ceux qui exigent pour une choie plus qu’ilsne doivent, en se prévalant du besoin qu’on en a ,des circonstances où ils fe trouvent, ou du pouvoirqu’ils ont. Extorquere , ultra modum exigere. Dansles hôtelleries de Hollande on rançonne ses étrangers.Ce procureur est un Corsaire qui rançonne ses par-ties. Ce Notaire m’a rançonné pour l’expedition del’acte dont j’avois besoin. Cela est du style familier.RANÇONNEUR, EUSE. f. Qui rançonne, qui exigeplus qu’il ne saur. Les hôteliers fur les grands cheminsfont des rançonneurs- Il n’est guère d usage, & jamaishors du stvle familier.
RANCUEUR. f. f. Vieux mot. Rancune,chagrin,ven-geance, colère. Gloss .fur Marot.
RANCUNE, f. f. On diíost aussi autrefois rancœur,ou rancueur. Haine cachee ôc invétérée, qu’on gardedans le cœur jufqu’à ce qu’on trouve occaíion de fevenger. Simultas. Les Chrétiens ne doivent pas avoirde rancune } conserver un eíprit de rancune. On dità ceux avec qui on fe raccommode, touchez-là, pointde rancune. Il est familier.
Rancune à part. Façon de parler dont fe servent desgens qui n’étant pas bien ensemble, ont néanmoinsun intérêt commun d'oublier pour quelque temps lessujets de chagrin qu’ils se sont donnés les uns aux au-tres. Et rancune tenante , autre façon de parler, qui