5 i G R E P
Ç3* On lc dit particulièrement de? témoins contre les-quels on a des reproches à proposer. Voy. Reproche.Rejiciendus , refutandus. Les témoins íont reprocha-bles, qyand ils lont infâmes, notés eu Justice. On ledit aussi de ceux qui sont suspects, parens, ou alliés.
REPROCHE, f. m. Coëffcteau le tait toujours féminin.Vaugelas a décidé qu’il étoit maícu-lin au singulier, &féminin au pluriel : cela étoit vrai de son temps, maisprésentement il est toujours masculin. C’est un blâme,ou une espèce d’injure qu’on fait à quelqu’un, en luireprésentant en face ses défauts. Ce qu’on lui remetdevant les yeux pour lui faire honte. Objectatio, ob-jurgatio, exprobratio .. On lui a fait reproche à l'Au-dience de fa naissance douteuse 8c illégitime. Y a-t-ildes personnes fur qui vous puissiez faire tomber unreproche si abominable avec moins de vraisemblance;Pas c. Il s’emporte en reproches contre fes ennemis.Ablanc. Le remords est un reproche de la conscien-ce. Si vous voulez entretenir Lamifié, n’en venez ja-mais à des reproches injurieux. Vill. On fait desre-proches à un amant : mais en fait-on à un mari, quandon n’a à lui reprocher que de n’avoir point d’amour?P. de Cl. Les reproches trop fréquens éteignent l’a-mour, bien loin de le réchauffer. Il y a bien de ladifférence entre des plaintes.légitimes & respectueu-ses, & des reproches grossiers & rustiques. Wicq. 11est aísez ordinaire de repoulíer les reproches par d'nu-tres reproches , c’est une espèce de défeníe qui tientlieu de raison. Ben.
On ríaime point à voir ceux st qui l'on doit tant....Et leur feule présence est un secret reproche.
Corn.
Je le vis ; son-aspect n’avoit rien de farouche,
Je sentis le reproche expirer dans ma bouche.
Racine.
$3* Sans reproche, c’est-à-dire, fans prétendre faire dereproche. Sans reproche, je lui ai rendu de grands ser-vices.
On appelle homme fans reproche, celui auquel onne peut rien reprocher.
Bayard étoit nommé le Chevalier fans peur 8c fansreproche. Probus moribus. Dans l’Eglile de St Jean àParis il y a une épitaphe bien remarquable d’un Tré-sorier de l’Epargne, conçue en ces termes : Ci reposenoble homme Alain le Veau, celui auquel l’intégrité6’ sdélité au maniement dessnancesfous les RoisFrançois I, Henri II, François II, & Charles IX,a pour heureuse récompensé*, acquis fans envie cebeau titre de Trésorier Jans reproche. II décéda le to eJuin r f 7 c.
ÎJT Reproches, en style d c Palais, font des moyens,des raisons qu’on oppose contre les témoins dans uneenquête ou dans une information, pour détruire leurdéposition, pour empêcher que le Jugen’y ajoute foi:si. l’on oppose, par exemple, que les témoins font desgens perdus de réputation, déclarés infames ou parens,amis, valets de la partie adverse, ennemis mortels decelui contre qui ils déposent, &c. Dans la confronta-tion on avertit l’accusé de fournir des reproches con-tre le témoin avant la lecture de fa déposition, aprèsquoi il ne fera plus reçu. Selon 1 Ordonnance, en ma-tière civile, on fait des écritures qu on appelle repro-ches des témoins. . r • -,
On dit proverbialement : a bien faire, u n y a pointde reproche ; pour dire, qu’il faut toujours agir aveccandeur & fidélité. , .
REPROCHER, v. a. Objecter à quelqu’un, lui remettredevant les yeux ce qu’on c roi t devoir lui faire honte.Objectare, objicere , exprobrare. On vous a reprochevos inconstances 8c vos bisarreries, 81 vous ne vouscorrigez pas. Ce n’est pas affez qu’une femme n’aitrien à íe reprocher ; il faut que le public ne puisteentamer fa conduite par aucun endroit. Bell. Je luireproche d’avçir fait telle chose. Sa conscience nelui reproche rien. Cotin & Ménage fe reprochentde plaisantes choses dans la Comédie des Femmes Sa-
REP
"vantes, fous les noms de Triffotin & de Vadius. Ostdit, c’est un homme d’une vie exemplaire, & à qui ostne peut rien reprocher.
Ce mot vient du Latin reprobare.
On dit reprocher un plaisir, reprocher un bienfait»pour dire, remettre devant les yeux un bienfait, ustplaisir à celui qui les a reçus, comme l’accuíant deles avoir oubliés. Un bienfait reproché tient toujourslieu d’offeníè.
On dit dans le style familier, reprocher les morceauxà quelqu’un, pour dire, faire íencir à quelqu’un qu ilmange beaucoup, 6 c paroître y avoir regret. Acad-Franç.
Reprocher, en termes de Palais, signifie, détruire bdéposition des témoins, & montrer qu’on ne doit poiu cajouter foi à leur témoignage. Objectis probris sdtMtefiis elidere , infrmare, enervare. On ne doit pointlire la déposition d’un témoin valablement reproche.Reprocher 8 c blâmer l’aveu & dénombrement dans bCoutume de Bretagne, art. 361, c’est le débattre & bcontredire. Reprobare , improbare.
REPROCHÉ, ÉE.
REPRODUCTION, f. f. rédupl. action par laquílbune choie renaît, est produire de nopiveau. Regencratio, reproductio. La nature ie conserve par de cost-tinuelles reproductions des corps qui s’engendrent &fe corrompent.
£ 3 " On appelle proprement reproduclion , la restaura-tion , la nouvelle formation d’une chose qui existoit»& qui a été détruite. La reproduclion des membresdes écrevisses qui ont été coupés. La reproduclion, bformation des nouvelles pattes qui succèdent à celI £Squi ont été arrachées dans les écrevillès de mer &d’eau douce, est un phénomène plus curieux qu’ostne pense. On le dit aussi de la queue du lézard q 111repousse, qui se reproduit quand elle a été mutilée.
fT Dans une acception plus génerale, on appelle rfproductions, en botanique, les nouvelles tffes queles racines poussent chaque année, & les nouvellespousses, les nouveaux jets que produisent les bran-ches d’un arbre coupées près du tronc, ou que pro-duit le tronc lui-même quand il est coupé près cstsracines.
ïféT On dit aussi la r éproduclion des piantes, pour dire»le renouvellement, la multiplication qui s’en fait p^le moyen des semences.
REPRODUIRE, v. a. & rédupl. Faire naître de nou-veau. Iterum producere , regenerare. Quand on cou-pe une souche d’aune ou de chêne ^elle reproduit un®grande quantité de rejetons, de nouveaux arbres. L ugrain de blé en terre, en reproduit, en fait naître 30,40, 100. On a beau arracher les chardons, la terre estreproduit toujours.
Douce chaîne des cœurs, digne présent des CicuX tQui répands l'allégresse H T amour en tous lieux,Qui reproduis le calme , au plus fort de l' orage yprccieuse Concorde, acheye ton ouvrage.
Brébeuf.
REPRODUIT, ITE. part.
REPROMETTRE. v. a. & rédupl. Je repromets ,tuF fpromets , il repromet ; nous repromettons. Je rep r0 'mis. J'ai repromis. Je repromettrai. Que je reps 0 'mette. Que je repromisse. C’est promettre de nou-veau. Rursùs promittere , spondere , polliceri. Je voU*promets 8 c repromets que je ferai ce que vous vou-drez. Après lui avoir promis 8 c repromis mille fois d el’époufer, il l’abandonna.
REPROMISSION. f. f. Terme de l’Ecrirure, qui fedes promesses que Dieu a faites à son Peuple, àApôtres, à fes Fidèles. Repromissio. St Paul dit q uCles répromijsons que Dieu avoit faites à son peupb’ont été accomplies, Actes XIII, v. xxxii , les répf 0 'missions faites à Abraham, «o- Le mot latin, repromis ! 10signifie un jugement mutuel , une promellè récipss'que; 8 c repromittere , s’engager réciproquement. M alSon ne dit point répromiffion.
REPROUVER, v. a. 8 c rédupl. Prouver une seconda