u.
908 SUR
formulaire d’un serment que l’on exige de tous ceuxqui encrent dans les charges ou emplois de l’Eglifc oude l'Etat. Prêter le ferment áe suprématie , c’eít prêterle ferment par lequel on reconnoît la supériorité ousouveraineté du Roi sur l’Eglise comme íur l’Etat.
SUPRÊME, adj. Souverain, qui est porté au plus hautpoint, qui est au-dellìis de tout, en ion genre, en ionespèce, le plus haut, le plus éminent, Supremus } sum-mus. Dieu est la bonté, la sagesse , la puissance suprê-me } c’est-à-dire , infinie. U y a un hommage suprêmede íoumiiïïon 8c de dépendance, qui ne se peut ren-dre qu’à Dieu. Fl. On s’empresse peu de rendre untémoignage intrépide aux vérités qui choquent l’auto-rité suprême. Tour. Quand on est parvenu à la suprê-me félicité , il faut descendre. Id. On dit que les Roisont le pouvoir, l’autotité suprême, c’est-à-dire, sou-veraine.
Le bonheur peut conduire à la grandeur suprême,Mais pour y renoncer , il faut la venu même.
Corn.
On dit, tant en bien qu’en mal, qu’un homme estparvenu au degré Juprême de science, de vertu, deshonneurs: Sc d’autre part, de tolie, de méchanceté ,de misci -’. Proveclus ad supremum honoris vel infa-mia. gradum , culmen.
£<3* On dit qu’une femme est belle ou laide au suprêmedegré, pour dire, qu’elle est parfaitement belle, ex-ceUivcmenc laide.
Suprême, f. f. C’est le nom d une poire qui vient à lafin de Juillet , tk qu’on nomme autrement poire desgue. Voyez La Quint.
S U Q.
SUQUE. f. f. Vieux mot. Le sommet de la tête: d’oùvient affûta , mot de Languedoc , qui signifie as-sommer. Borel. Vertex.
SUR.
SUR, URE. adj. ( On écrivoit autrefois Seur) qui a ungoût acide & aigret. Acidus , acerbus. Bien des gensfont difficulté de se servir de ce mot. Sc le relèguentcn Normandie. Cependant tous nos Dictionnan stes s’enfervent, & l’Académie elle-même l’emploie fans mar-quer le moindre doute. Cc fruit est sûr, ces pommesfont sûres , l’oíeille ronde est fort sûre. Enfin il estd’un usage général, au moins dans le style familier.Dans un petit Poëme,une femme dit astez burlcfque-ment d’elle-même, qu’elle 11 ’est ni douce ni sûre.
ffTS ur, considéré comme synonyme d’assuré, certain.Ces trois mots peuvent être considérés dans le sens qui ja rapport à la réalité de la choie , ou dans le sens quia rapport à la persuasion de l’eíprit. Certus : mais leurdifférence est toujours analogique, comme on le verradans les exemples suivans.
§3“ Sur , paroít être très à fa place dans les choses quiconcernent la pratique, Sc dans tout ce qui sert à laconduite. Ainsi les règles générales font sûres : ce quel’épreuve vérifie lest également. On est sûr dune ma-xime de morale. La conduite la plus sûre n’est pas tou-jours la plus louable. L’homme prudent fe défie detout ce qui n’est pas sûr. Syn. Fr. Certain paroítmieux convenir à 1 égard de la spéculation, & par tout°ù la force de l’évidence a lieu. Assuré a un rapportparticulier à la durée des choses Sc au témoignage deshommes. Voye\ ces mots.
Sur , se prend encore dans l’ufage ordinaire dansd’autres significations. On s’en (crt quelquefois pourdésigner ce qui doit arriuer. Rien de si sûr que lamort. Nos certa monet mors. Cette charge ■ lui estsûre.
On dit un remède sûr , qui produit ordinairementeffet. P rasens, efficax.
Sur , ferme, qui ne chancelle pas. Firmus. Un che-val est sûr du pied, il a la jambe sûre. Il ne bronchepoint. Un Chirurgien a la main sûre , ferme dans ses
SUR
opérations ; il ne manque jamais ses opérations.
$3* Un ami sûr, en qui l'on peut avoir confiance, furqui l’on peut compter. Fidus. Une mémoire sûre, quine trompe jamais. Horace a drt, oculi fideles , de bonsyeux. Un homme qui a le goût sûr, qui fart juger desmets: au figuré, qui fait juger des ouvrages d esprit.Eruditum palatum.
fCT Sur , fe dit encore des lieux, des chemins, des pas-sages , &c. où l’on n’a rien à craindre, où l’on est ensûreté. Tutus. Les chemins font sûrs • on n’a rien àcraindre des voleurs. Ce passage n’est pas sûr. Un vais-seau est sûr, quand on peut s’y embarquer lans dan-ger. Une échelle est sûre, quand on y peut monterfans rien craindre.
£Gr On dit aussi que le temps n’est pas sûr, pour dire,incertain, qu’il y a apparence qu’il^changera bientôt,qu’il deviendra mauvais. Mettre quelqu’un en lieues,dans un lieu où il n’air rien à craindre. In tuto collo-care. ; ou bien dans un lieu où l’on soit assuré de Rpersonne. Son argent est en lieu sûr, c’est-à-dire, bi enferré ou bien placé fous de bonnes cautions.
ísT Être sûr dune choie , être fondé fur les raisons lesplus fortes pour la croire. Voye ^ le commencementde l’articlc. Pro certo habere. Je fuis sûr dc ce que jevous dis. Pro certo teneo. On est sûr d’une maximede morale.
On dit qu’un homme est sûr de son fait, pour di-re, qu’il est certain da l’événement de ce qu’il a en-trepris. On ditqu’uR homme est sûr d’un autre ,pontdire, qu’il est certain que cet homme là ne lui man-quera pas. On dit en parlant de Musique, qu’un hom-me est sûr de fa partie, pour dire, qu’il chante à li-vre ouvert fans faire de faute.
Au jeu on dit qu’un homme est sûr de fa partie»pour dire, qu’il a fait fa partie de manière qu’ilallure de gagner. On le dit aussi figurément, pour di-re,qu’il a si bien pris ses mesures dans une affaire, qu’iiest certain qu’elle réussira.
On dit proverbialement, qu’un homme est sûrff eson bâton, quand il est assuré que son dessein réust> r3 '
fFT A coup sûr. Façon de parler adverbiale : imman-quablement , infailliblement. Vous le trouverez à coupsûr.
Sur , s’emploie aussi substantivement, pour dire, le pa rtlle plus sûr. Aller au plus sûr, prendre le plus sûr. A c 'Fr.
§3" Sur. Préposition de lieu qui sert à marquer la situa-tion d’une chose à l’égard de celle qui la soutient. Su run cheval. Sur un vaisseau. Sur mer & sur terre. Ap-puyé fur un bâton. Innixus baculo.
$3* Quelquefois elle sert simplement à marquer ce q 01est au-dessus. Les corps célestes qui roulent sur nostêtes.
$3* Quelquefois fur équivaut à dans. Ecrivez cela Mvos tablettes ,sur vos registres. Avoir fur foi, dans iespoches. Etre couché fur l’état.
$3* Quelquefois il sc met pour à. Il faut mettre qua-tre chevaux fur cette chaise II y a tant d’ouvriersfur cette presse.
§3” Sur, en parlant des denrées, des droits, des im?ositions. Droits fur le vin. Subsides qu’on leve j^ lcpeuples.
On dit à-peu-près dans ce sens, donner à prendrefur un fonds. Déduire une somme fur les gages d undomestique.
On dit auísi,qu’on paye une somme fur & tant moins,fur 8c en déduction dune plus grande, fur lesgageSjfur les appointemens de quelqu’un. On lui ? P a Fcette somme fur & tant moins de ce qu’on lui 01en déduction.
Que son épouse & lui m’aident dans mes besoins,
De vingt louis ce neft pas une affaire ;
Et ce fera fur & tant moins ^
De tous les biens que j’? n e fP ere ‘
Nouv. Choix de vers.
Sur sert encore à marquer la supériorité,diction, la domination, l’avancage d’une c o