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Tome septieme. [PRO - TE.]
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oh Tappelle la Sainte Table , la Table de l’Agncau.S'approcher de la Sainte Table , s’en éloigner, pourdire, recevoir l’Eucharistie, ou s’en abstenir.

Table, íe dit aullì de plusieurs choies qui font plates& unies. On dit la table d’un luth, d une guittarre ,d’un clavecin , en parlant de leur partie supérieure ,sur laquelle posent les cordes & le chevalet. Alvei Lyrspars superior.

On vend le verre de Lorraine par tables , qui ontdeux pieds & demi en carré, lans avoir de nœud aumilieu. Per discos , tabulas. II y en a lix tables aulien, & vingt-cinq liens en un balot. Des tables deplomb chez les Plombiers.

Table, se dit aullì de toute matière polie , lut laquelleon peut tracer des caractères , soit avec la plume, oule pinceau, ou le burin , ou íe ciseau. Abacus , plu-teus. Une toile imprimée est une table d’attente poury faire un portrait. On met des inscriptions, des ar-mes, au haut des grands édifices lur des tables de mar-bre, ou de pierre. Voilà une table rase dilpolée à re-cevoir tout ce qu’on voudra.

$CT On appelle figurément table rase , tabula rasa , unejeune personne dont l’esprit n’cst point encore gâté parles préjugés, & qui est susceptible de toutes les im-prestîons qu’on veut lui donner. L’Abbe de baint-Cyran , cet homme fi singulier dans ses idées, dilbit,au rapport de D. Jouand , que , li on lui donnoitquinze à vingt Religieux, qui fussent comme des ta-bles rases fans aucune impreíììon prise d’ailleurs, illes rendrait tous parfaits Théologiens dans six mois.

En termes de Jurisprudence, mettre en la table, ouunir à sa table , retraire ct réunir à (a table ct domai-ne , réunir à sa table & au gros de ion fiel, réincor-porer à la table ct au domaine du Seigneur ; toutesces expressions sc disent quand le Seigneur féodal, ouautre, use de retrait par puissance de fief fur l'ache-teur ou l’héritier de l’héritage , rente ou autre droitque l’on tient de lui en foi ct hommage, ou à autredevoir, pour le rappropricr à Ion fief ct domaine, &au corps de fa Seigneurie. Recipere , 6’ ad se revo-care.

Ces expressions viennent de ce qu’autrefois les Sei-gneurs avoient des tables fur lelquelles ils receyoicntleurs cens. Foye% l’Auteur du grand Coutumier,^?,y 2.8, y 2.9. Du C ange, dans son Gloilaire aux motsMensa' Sc Fiera , & M. de Laurière, dans son Glos-saire de Droits aux mots Table & Unir.

On appelle aussi en termes de Blaíon, des Ecus ouArmes qui ne font composés que du seul émail duchamp, lans être chargés d’aucune pièce, ni meuble,table d*attente. Scuti area pura.

C’cst au sens propre qu’on appelle les deux Tables,des Commandemens gravés fur la pierre de la mainde Dieu, donnés à Moyse sur la montagne, qu’il enferma depuis dans l’Arche. T)us, tabula mandatorumdigito Dei scripts.

Chez les Romains il y a eu les Loix des XII Ta-bles , qui furent leurs premières Loix. On l'appcloitLoi des dou^e tables : Lex duodecim tabularum ; ouparce qu’en ce temps là les Romains écrivoient avecun style fur des tables dc bois fort mince, & couvertde cire , ou plutôt parce qu’elle fut gravée fur destables de cuivre , pour être exposée dans le lieu leplus éminent de la place publique. Après l’expulsiondes Rois, comme les Romains n’avoient point de loixfixes ct certaines, ni assez amples pour régler les af-faires qui pouvoient naître entre les particuliers, onrésolut de choisit les loix les plus sages des Grecs. Uncertain Hermodorus íervit d’interprète, & ensuite lesDécemvirs furent chargés de les compiler, & de lesrédiger fur dix tables. Après y avoir travaillé avecbeaucoup d’attention, ils les firent confirmer en l’an303 de Rome par le Sénat, & par l’assemblée du peu-ple. Lannée suivante, on reconnut qu’il manquoitencore quelque chose à cette compilation des' loixqu’on avoir empruntées des Grecs. Ainsi on recueillitquelques loix faites par les Rois de Rome, ct l’onconvint de certaines coutumes, que l’usage avoir au-torisées, ct on les fit de même graver fur deux autres

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, tables. C’étoit-là la Loi des dou\e tables , si fameusedans la Jurisprudence Romaine. Llle fut le fondement& ia íource du Droit Romain. On appeloir aussi lesLoix des dou^e tables , les loix decemvirales , parceque la compilation en avoit été faite par les íoins &par l'autorité des Décemvirs. C’est dommage que cetteloi íe loir perdue par l’injurc du temps; il n’cn resteplus que des fragmens qui étoient dispersés dans di-vers Auteurs. J. Godefroi les a ramallés. Le latin enest vieux ct barbare. On y remarque beaucoup d’obs-curité & beaucoup de dureté. Foyer Tite-Live ,L. III.

On appela Tables neuves , Tabula nova, un Editqui se publioit quelquefois dans la République Ro-maine , ct qui abolilìoit généralement toute forte dedettes, qui annuloit toutes les obligations. On l’appe-loir ainsi, parce que tous les actes vieux étant cassés,il n’y en avoit plus que de nouveaux.

Table ronde. Mensa rotunda. Nom d’un Ordre milí*taire prétendu , ou plutôt d un exercice de guerre,d une espèce de joute, ou dc combat singulier. Ordrede la Table ronde , Chevaliers de la Table ronde. Or-dre de Chevaliers , qu’on prétend avoir été instituepar Arthus I, Roi d'Angleterre, en ji 6. Ils étoient,dit-on, vingt-quatre qu’il tira d’entre les plus bravesde la nation. La Table ronde , qui donna le nom à cesChevaliers, fut une invention dc ce Prince pour évi-ter la dispute du haut & du bas bout, ct ôter la jalou-sie des places. Leilcy nous allure qu’il a vu cette Tsble'í Winchester; au moins s’il en faut croire les dé-positaires qui la montrent, dit-il, avec beaucoup desolennité. On ajoute que les noms d’un grand noiu-bre de Chevaliers écrits à l’entour, semblent confit*mer la vérité de cette tradition. M. Larrcy ne fait pointdifficulté de debicer cette fable, comme une infinited’autres, dans ion Histoire d’Angleterre, car c’en eftune. Nous avons déjà dit, après le P. Papebroch, qu "n’y a point eu d’ordre militaire avant le douzièmesiècle. Cambden assure que la Table de Winchcst erest d’une fabrique bien plus récente que le sixièmesiècle. Le Roi Arthus est un Roi fabuleux. La Tableronde n’etoit point un Ordre de Chevalerie, c’étojtune forte de joute ou combat singulier, ainsi nomme,parce que ceux qui y avoient combattu, venoientaûretour chez celui qui avoient proposé la joute, où si Sétoient assis à une table ronde , peur éviter les ssisp ú 'tes dc la préséance & de la prééminence. Il y avoitcette différence entre les tournois & les combats dcla Table ronde , que les premiers se íaisoient en trou*pe, ct ceux-ci étoient des combats singuliers, dontì’arme propre étoit la lance. Voy. Matthieu Paris, f-/66. Justiniani ct le P. Hélyot, T. FUI, c. LX%>p. 442. Paul J ove dit que ce fut fous l’empire de fré-déric Barberoulle qu’on commença à parler de cCSChevaliers. D’autres en attribuent l’origine à la fa^j° stdes Guelphes & des Gibelins. Cambden avertit q u ,thénéc fait mention de Chevaliers qui mangeoient 3une table ronde avec leurs Ecuyers derrière. plssi ieursAuteurs disent qu’Arthus, Duc de Bretagne , l’ a f e ~nouvellée. Le Roi Edouard fit bâtir une maisouhu'onappela la Table ronde, dont la cour avoir 200 piedsde diamètre. On appelle par une espèce de proverbe jun homme de bonne chère, un Chevalier de la Tableronde.

Table , se dit aussi d’un indice ou répertoire qu’on metà la fin ou au commencement d’un livre, p° lir e * olJlagcment du Lecteur, afin qu’il y trouve facilemenles endroits dont il aura besoin. Index , tabula , repeftorium 3 syllabus 3 synopfis. La table des matières, 3table des Auteurs cités, la table des chapitres. Les ta^blés font quelquefois de gros volumes, comme cqu a fait Daoiz fur le Droit Civil & fur le Droit anon. La Concordance de la Bible est une table deBible fort ample. r

Ç 3 * Table, signifie encore une feuille, une planche ulaquelle les matières dogmatiques , historiques,font digérées, & réduites méthodiquement &, cnl .courci, afin de soulager l’imagjnation ct la n^m ’& pour qu’on puisse les voir plus facilement ct ° “

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