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Tome huitieme. [THA - Z.]
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furieuses, en frappant fur des tambours. Horace, L.II.Ode ig. De-là le nom de Thyades dérive du Grecùuíiy courir avec impétuosité. Voyei Bacchante.

Les Thyades font en fureur,

Les miracles naissent en foule,

Ce vin, ce lait, ce miel qui coule,

Tout m’inspire une sainte horreur. Peíaegrin.

THYASË. f. m. Terme de Mythologie. C’est un des nomsqu on donnoit dans les fêtes du Paganisme à ceux quise déguifoient en béliers ou en boucs. Le nom deThyaj'e est tiré de la Langue Phénicienne, qui signifiebouc ou bélier. Par exemple , dit M. Pluche dans Ionhistoire du Ciel, on donnoit les noms de Faunes, deSatyres & de Thyafes à ceux qui se mafquoient & sedéguifoient en Béliers & en. Boucs. Mais que signifientces mots ? celui de Faunes signifie des masques } celuide Satyre des gens déguisés-, celui de Thyafes , desBoucs & des Béliers.

THYÁSES. s. f. pi. On appeloit ainsi les danses que fai-soient les Bacchantes en l’honneur du Dieu qui les agi-toit. Il y a d’anciens monumens qui nous représententles gestes & les contorsions affreuses quelles faisoientdans leurs danses. Lune paroît un pied enl’air, haus-sant la tête vers Je Ciel, les cheveux épars & négli-gés , flottans au-delà des épaules, tenant d’une mainun thyrse, & de I’autre une petite figure de Bacchus.Une autre plus furieuse encore, les cheveux épars flot-tans, le corps à demi nu, dans la plus violente con-torsion, tient une épée d’une main , & de l’autreunetête d’homme qu’elle vient de couper.

THYATIRE, ou TYRIA. Nom d’une ancienne ville des Asie mineure, une de celles auxqueiles T Apôtre S.Jean écrivit par Tordre de J. C. Thyatira. Elle étoitEpiseopale suffragante de Sardes. Elle est encore aflèzgrande, mais mal bâtie. Ses habitans font Turcs, à laréserve d’une douzaine de Chrétiens qui n’y ont pointd’Eglise. On y voir un bon nombre d’inseriptíons, quifont les monumens de Ion ancienne splendeur. Elleest située dans la Natolie, fur le Satabat , environ àvingt lieues au-deíïus de Smyrne. Thyatìs étoit fur leLycus fleuve d’Asie mineure. Elle se nomma d’aborcPélopie, & Sémiramis ; on Tappelle aujourd’hui Tireou Tyre. Depuis le Christianisme on y mit un Evêque,dont le Métropolitain étoit T Archevêque de Sardes.THYELLIES. f. f. pi. Fêtes en Thonneur de Venus, qu’oninvoquoit dans les orages. De 6-hà, orage, tempête.THYETO. Voye\ San Genito au mot Genito.

THYIE, ou THYIA. Nom d’une fille de Deucalion, quieut de Jupiter une fille nommée Macédonia, qui don-na son nom à la Macédoine. Thyia.

THYITES. s. m. Sorte de pierre verdâtre, semblable aujaspe, rendant, lorsqu’on la broie, un suc laiteux, acre& mordicant. Thyìtes lapis. On la trouve en Ethiopie.Elle est propre pour consumer les cicatrices, les cata-ractes & les nuages des yeux. Quelques-uns croientque c’est la pierre que les Italiens appellent verdello.THYM, ou THIM. f. m. plante dont il y a plusieurs es-pèces. Thymum. Celle qu’on appelle thym de Crète,est un foLis-arbristèau qui croît quelquefois à la hauteurd un pied, & qui pousse plusieurs rameaux ligneux,greles > blancs, garnis de petites feuilles opposées lesunes aux autres, étroites, menues, blanchâtres, d’ungoût âcre. Ses fleurs naissent par petits bouquets ;elles font en gueule, petites, purpurines ; chaque fleurest un tuyau découpé par le haut en deux lèvres.Quand elle est passée, il lui succède quatre semencespresque rondes , enfermées dans la capsule qui a servide calice à la fleur. En Latin, Thymus capitatus quiDiofcoridis. C. Bauh. Le thym vulgaire est une plantebaste, ligneuse, rameuse. Ses feuilles sent petites,étroites, d’un ver obscur. Ses fleurs & ses semencesfont semblables à celles du thym de Crète. En Latin,Thymus vulgatis folio latiore. C. Bauh. Ces deuxespèces de thym rendent une odeur forte, aromatique& très-agréable j elles font propres pour fortifier lecerveau, pour 1 asthme, pour la colique venteuse.

M. Lémery, dans son Traité des Alimens, écrit tin

THY

contre Tissage. Le tin fortifie le cerveau, atténue &raréfie les humeurs visqueuses ; il est propre pourl’asthme , il excite l’appétit, il aide à la digestion , ilchaste les vents, il résiste au venin. On s’en sert exté-rieurement pour fortifier, pour résoudre, pour ouvrirses pores, & pour exciter une transpiration plus libre.L’usage trop fréquent du tin met les humeurs dansune forte agitation. Il contient beaucoup d’huile exal-tée & de sel volatile. Il est propre dans les temps froidsaux vieillards, aux phlegmatiques , & à ceux qui ontTestomac toible & débile. On le sert du tin dans lessauces à cause de son goût & de son odeur aroma-tiques.-L émery, Traité des Alun. C. &q.

Ce mot vient du Grec , qui signifie Tespritanimal qui nous fait vivre, & que le thym est capablede rétablir. Les Bergers font des bouquets de thym.& de marjolaine. On fait des bordures de thym auxparterres, qui sont aussi agréables que celles de buis.

Thym, en termes de Médecine, est une espèce de ver-rue qui naît aux parties honteuses , au fondement, &en plusieurs autres endroits du corps , avec des aspé-rités crevassées, semblables à la tête du thym, d’oùvient qu’on lui a donné ce nom. Thymus verruca.

THYMALLE, f. m. C’est une espèce de truite , ou unpoisson de riviere qui a une odeur de thym. Thy mal-lus , selon Jonston. Il est excellent à manger. Sa graisséest propre pour les taches & cataractes des yeux, pourla surdité, pour, le bruissement des oreilles, pour lestaches de la petite vérole. On Tappelle Thymallus, àthymo , parce que ce poisson a une odeur de thym,Voyeq Ombre, c’est la même chose.

THYMBRE, f.s. Plante qui pousse, comme le thym,plusieurs rameaux carrés, couverts d’une laine aflèzmàe.Thyrnbra. Ce mot est Grec, $úy.fya., herba odorata.Ses feuilles sont presque semblables à celles du thym,un peu velues. Ses fleurs & ses graines ressemblenttout-à-fait à celles du thym , excepte que ses fleurssont verticiiiées , c’est-à-dire, qu’elles naissent patétages, disposées en rayon le long des branches & déla tige, au lieu que celles du thym sont en maniéréde tête, ou par petits bouquets. Sa racine est dure &ligneuse. En Latin, Thymbra legitima. Cius. Cetteplante a une odeur qui participe de la sarriette & duthym ; elle est céphalique & carminative. Il y a quel-ques autres espèces de thymbre. On lui a donné cenom, parce qu’elle ressemble beaucoup au thym.

Thymbre. Nom d’une contrée de Tancienne Troade;Thymbra. On la nommoit ainsi, parce qu’il y croistòitbeaucoup de la sarriette, que les Grecs appeloientThymbra. Apollon avoir un temple célèbre dans cettecampagne au confluent du Scamandre, & d’une autrepetite riviere appelée Thymbrìus. C’est de-là, ou de laville de Thymbre , que Ton donnoit à Apollon le nomd’Apollon de Thymbre. Thymbmus Apollo.

THYMBRÉEN. adj. m. Surnom d’Apollon. U lui fut don*né parce qu’il étoit honoré dans Thymbra , ville de laTroade , ou parce qu il avoir un temple auprès duconfluent du fleuve Thymbrìus &du Scamandre. Stra-bon. Ce sot dans le temple d’Apollon Thymbréenqu’Achille fut tué en trahison par Paris.

THYMELxEA. Arbrisseau qu’on appelle autrement ga-rou. Thymelœa. Voyei Garou.

M. de Tournefort en trouva une espèce sor les côtesméridionales de la mer Noire, qu’il qualifie de planteadmirable, & qu’il appelle Thymelœa Pontica Citreifoliis. Sa racine , qui a un demì-pied de long , estgrosse au collet comme le petit doigt, ligneuse, dure,divisée en quelques fibres, couverte d’une écorce cou-leur de citron. Cette racine produit une tige d’environdeux pieds de haut, branchue quelquefois des fa nais-sance, épaisse d’environ trois lignes, ferme, mais sipliante qu on ne íauroit la casier, revêtue d’une écorcegrise, accompagnée vers le haut de feuilles disposéesfans ordre, semblables par leur figure & par leur con-sistance à celles du citronier ; les plus grandes ont en-viron quatre pouces de long , sor deux pouces delarge, pointues par les deux bouts, lisses, vert gai &luisant, relevées au-destôus d’une côte assez grosse ,laquelle distribue ses vaisseaux jusques yots les bords.