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Tome huitieme. [THA - Z.]
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ton

TON, ou TONGA. s. m. Espèce de gangrène endé-mique au Brésil, qui attaque principalement les doigtsdes pieds, quelquefois ceux des mains & les autresParties molles du corps, & qui est causée par de petitsanimaux répandus fur le fable, fur les cendres & dansles lieux maI-pr°P r Ç^ Us font appelles par les habitansdu pays, Ton, ou Tonga, d’où vient le nom de la ma-ladie. M- de Rochefort, dans son Histoire des Antilles,les nomme Chiques , ainsi que le P. Labat dans sonLivre intitule : Nouveau Voyage aiix Isles de l’Arné-r'ique. Les infectes font très-petits ; quand on les regardeau microlcope, leur dos paroi t rond, avec du poil brun.

a tache noire qui les fait remarquer, est leur tête. Ilsont plusieurs pieds fous le ventre , & du poil où leursmufs font attachés jusqu à ce qu’ils éclosent. Ils mar-chent & fautent comme les puces. Ils patient facilementsu travers des bas, & fe logent le plus souvent lousles ongles des pieds , dans les jointures, quelquefoisailleurs. Tonga vermiculus.

Ton. f. m. C’est proprement la modification du son quiporte la voix, certain dégré d'élévation ou d’abaiile-iuent de voix. Tonus, inflexiovocis . La langue,les dents& les lèvres contribuent beaucoup à l’articulation de lavoix. L’expérience le fait voir dans ceux qui perdentleurs dents, Ou qui ont des lèvres mal configurées. Lesvibrations diversifiées des lèvres de la glotte, plus ou

moins éloignées, plus ou moins pressées, produisent ladistérence des tons. Cela fe sent dans le chant, fe voitdans les instruméns, & fe confirme par la Physique. Onfait les tons divers fans appercevoir dechangemensquedans la glotte qui s’élargit ou fe rétrécit plus ou moins.Ton aigre, ton doux. Ton de maître. Ton moqueur.Ton railleur. Ton plaintif. Un ton languissant inspire laÇtistefle - , un ton élevé donne du courage. Mille gens nelugent de la vérité des choses que par le ton de la voix.Celui qui parle librement & gravement a raison : &celui qui a de la peine à s’expliquer a tort ; ils n’en sa-vent pas davantage. Log.

Ton , dans les ouvrages d’efprit, en vers ou en prose. Cefont proprement les couleurs & les nuances du style, lelangage qui convient à chaque genre d’ouvrage. Leton de la Comédie n est pas celui de la Tragédie -, & siquelquefois la Comédie élève la voix, elle ne prenrijamais le ton absolument tragique : & quand la Tragédiebaillé de ton , elle ne descend jamais jusqu 'au comique.

Chaque genre de poésie à son ton particulier. II en estde même de la prose. Les tons doivent varier à l’infinidepuis l’héroïque jufqu’au familier. Le ton de zele doitdominer dans le sermon ; le ton d admiration dans lepanagyrique; le ton de douleur dans l’oraifon funebre - ,dans u n plaidoyer d'Avocat, celui qui convient au récitdes faits, & au raisonnement. Le ton d'un conte , le

lc i ne ^ ectre - le ton dune histoire, &c. font des tonsabsolument différens.

Non-seulement chaque genre d’ouvrage a son tonparticulier ; il y en a aussi un pour les personnes & pourchaque passion qu on représente. On ne fait point parlerun Roi qui commande en maître comme un particulierqui obéit, ni soupirer un Alexandre comme un Syba-rite.

dés, stvlp e °s figure, fe dit pour manières, ptocé-toittout 1 ' O" à en ce sens, changer de ton. Il trai-de ton t 6 m ° n , avec hauteur, mais il a bien changémaître' r C f r f n d se fur le ton de fierté, fur le ton decereux' ^ e . laut ton. Cet homme prend un ton dou-Démostif VeC 6s sommes. On admire surtout danslève son jjs Ce ton f-standeur & de majesté'qui re-

Mais la gloire , Madame ,

Ne s’était point encor fait entendre a rnon cœur,On ton dont elle parle au cœur d’un Empereur.

Racine.

Un esprit né fans fard , fans baffe complaisance ,fuit ce ton radouci que prend la médisance. Boxe.

TON «f

Le bon ton. Expression fort à la mode, mais en mê-me temps fort équivoque : c'est le ton de la bonne com-pagnie. On pourroit dire que le bon ton est pour lesFrançois ce qu’étoit f urbanité pour les Romains. Il y ále ton de la cour, le ton de la ville, & le ton des gensde lettres. Qui sautoir extraire ce qu’il y a de noble &de dégagé dans le premier, de simple & de sage dansle second, de pur & d’exaòt dans le dernier, feroit urimodèle à proposer. ,

Il y a encore le ton des états & des conditions ;le ton des disterens âges. Ce qui seroit le bon tondans un jeune homme, seroit un fort mauvais tondans un vieillard ou même dans un homme d’un âgemûr. Perjònce convenientis cuique. Il en est du bon toncomme des modes. Le bon ton d’un temps n’est pascelui d’un autre.

L’on , en musique a plusieurs sens. Il signifie d’abord f in-tervalle qui se trouve entre deux notes consécutives dela gamine ordinaire. Il y a huit sons dans cette fuiteharmonique. On páíse destin à l’autre, soit en montant,soit en descendant, par certains dégrés ou intervallesqui les lient ensemble. Il y en a sept, & on les nommévulgairement les sept tons de la musique. Septem dis-crimina vocant. Il y a deux sortes de tons , le majeur& 1e mineur. Le ton majeur est la distérence ou plutôtie rapport géométrique de la quinte à la quarte, quiest J. C est la distance de tni à re dans la gamme.

Le ton mineur est la distérence de la quatre à la tiercemineure qui est C’est la distance dé ut à re.

Le demi ton majeur est la distérence de la quarte à latierce majeure j qui est — C’est la distance demi a fa,ou de ft à ut.

Le demi ton mineur, qu’on appelle aussi dièze, estla distérence de la tierce majeure à la mineure, quiest U n’y en a point d’exemple dans la gamme ordi-naire , qui 'est celle de la nature toute simple ; mais onen fait un grand usage dans la musique figurée.

Ton j se dir encore du degré d’élévation que prennentles voix, ou fur lequel font montés les instruméns.C’est dans ce sens qu’on dit dans un concert que le tonest trop haut Ou trop bas. Cet instrument est monté furle ton ou au ton de l’Opéra. Donner le ton , c’est mar-quer en jouant ou en chantant le ton fur lequel un mor-ceau doit être joué ou chanté. Siffler pour donner léton. Tonnarium.

Enfin lenior de ton est pris pour le mode dans lequelune pièce de musique est composée ; c’est-à-dire pourle son de la note ou corde principale qui lui sert défondement, & fur lequel on dirige i’harmonié, la mé-lodie & la modulation fur les tons des anciens. Voye\Mode. On dit en ce sens > sortir du ton, jouer plusieurspieces fur un même ton.

Demi-íon, ou femi-ío/i. C’est la moitié d’un ton.Semitonium. Baisièr un instrument d’un demi-tomchanter un air d’un demi-ío/z plus haut. Il y a unton du mi au fa, & un autre du Jì à Yut.

Ton, se dit aussi d’un des modes fur lesquels on chanteles pseaumes dans l’Églife. Cette manicre determineéde moduler le plein-chant fur divers sons fondamen-taux , est en usage dans toutes les Églises où l’on fuit léchant Grégorien. On dit qu’un pfeaume fe chante furJe troisième, furie quatrième ton. Tonus. Le ton de1 Epître, de 1 Evangile, de la Préface. On en comptehuit, quatre authentiques & quatre plageaux. Voyezces mors.

On dit ton authentique, Dorien, Hypodorien, Hy-polydien, Hypò-mixo-lydien, Hypophrygien, incom-plet ou imparfait, impair, irrégulier, Lydien , Mêlé,ou Mixte , Mixo-Lydien , Pair , Phrygien j Plagal,Régalis , Transposé. Tons collatéraux , dépendans,dominans , seigneurs ou maîtres ; serfs ou serviles, sou 4mis , sobjugaux, subordonnés , lupérieurs, &c. Voyeices mors à leur place, & le Dictionnaire de Musique déBroflard, on dit encore, Glaises des tons , Dominantesdes tons , Etendues des tons, Finales des tons, Intona-tions de tons , Médiation des tons, Terminaison destons, Portion d’un ton, Transposition des tons.

Ton, en peinture. II y a dans la Peinture j comme dansla Musique, différens modes qui ne sent autre choie

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