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trépan. Calvariam terebrare, modiolo forare, perfo-rare.
Trépaner lamine. Terme de Mineurs. paye:? Trépandans cerre acception.
TRÉPAS. fi m. Mort, pastàge de cette vie à une autre.Il ne se dit que de l’homme. Obitus. Cé mot est plusen usage dans les pièces d’éloquence, & dans la poésie,que dans la prose. Affreuse image du trépas , qu’untriste honneur m’avoit fardée. Corn. Ce guerrier por-toit par-tout 1 horreur & le trépas.
Et mime en ce moment , où ta bouche cruelle
Vient j fi tranquillement j m* annoncer le trépas,
Ingrat, je doute encor fi je ne t’aime pas. Racin.
Oui, la gloire & Vhonneur, ces fatales chimères,
Nous font avec plaisir affronter le trépas. Des-H.
Trépas , dit M. l’Abbé Girard, est Poétique, L emportedans son idée le pastàge dune vie à l’autre, & ne sedit que de l’homme. Un trépas glorieux est préférableà une vie honteuse. Le trépas ne présente rien de laidà l’imagination-, il peut même faire envisager quelquechose de gracieux dans l’éternité. La mort présentequelque chose de laid & d’atìreux, Voye\ ce mot &DÉCÈS.
On appelle, en termes de Finance, le Trépas deLoire, un Bureau où l’on fait payer le droit de la traiteforaine à l’embouchure de la Sarre dans la Loire.Transitus Ligeris. On appelle auffi trépas de Loire, ledroit qui se prend à ce Bureau íur toutes les denréesSc marchandises qui pastènr, montent, traversent parla rivicre de Loire. Quelques personnes , comme lesMaîtres des Requêtes, les Secretaires du Roi, en fontexemptes. Il y a apparence que ce mot s’est dit parcorruption de outrepasser , parce que ce droit se payepar les marchandises qui pastent outre la Loire, &quivont en Bretagne , qui étoit autrefois province étran-gère. Et même on disoit autrefois trépasser un com-mandement ; pour dire , 1 enfreindre, passer outre.Ainsi, selon quelques-uns, le nom de Tréport qui esten Picardie, a été fait de ulteriori portu , mais mal.
En termes de Marine, on appelle trépas , un petitpastàge ou fil d’eau qui est entre deux bancs, ou entredeux terres. On le nomme auílï pas, ou pertuis. Paffus, tranfitus.
Trépas. Terme de Coutume, qui s’est dit autrefois pourpastàge, péage. Voye\ Confiant fur la Coutume dePoitou j art. Ay.
TRÉPASSÉ, f. m. Homme mort. Mortuus. On dit d’unhomme pâle & maigre, qu’il a le visage d’un trépassé.
La Fête des Trépaffe's , ou la Commémoration detous les Fideles trépassés. Voye\ Commémoration.C’est la Fête des Morts que l Églile célèbre le lende-main de la Touílàints, le second jour de Novembre.Commemoratio , vel dies feftus omnium Fidelium dé-fi unci orum. Elle fut premièrement célébrée par Odonsecond Abbé de Cluni en son Abbaye, à son retour duvoyage de Sicile, & depuis elle a été établie dans toutel'Egliie -, elle n’est chommée que le matin dans plusieursDiocèses.
La baie des Trépassés , Sinus Mortuorum. Cettebaie est en la cote de 1 île de Terre-neuve , en l’Arné-rique septentrionale. Les François y ont une petite co-lonie. Maty.
TRÉPASSEMENT. fi m. Moment de la mort. Obitus.Il ne se dit sérieusement qu’en cette phrase : les Apô-tres assisterent au trépaffement de la Vierge.
On dit en burlesque, & populairement : U a affistéau trépaffement d’un chat, il voit trouble.TRÉPASSER, v. n. Mourir de mort naturelle. Obire,tnori, emittere Jpiritum. M trépassa un tel jour entre lesbras de jes parens. Il n est presque plus en usage. Onemp'oyoit autrefois ce mot pour dire , Aller au-delà,palier outre.
Du Cange dérivé ce mot de transpassire, parce quela mort est une elpece de pastage.
TRE
Trépassé, ée. part. Mortuus , defunclus.
Oui, quant à moi, je trouve , ayant tout compassé tQu’il vaut mieux être encor cocu que trépassé. Mol.
TRÉPEJA. v.n. C’est un vieux mot, un mot provençal,trépigner ou fouler aux pieds. Borel. Pedibus calcare.
Mai nostre Rey coumoul de toute perfeclieuJJurous hofie del cel trépeje leas esteles. GouDOUtr.
TRÉPENSÉ, ée. Vieux adj. Pensif, selon Gauvain. MaisFaucher l’explique outrecuidé , & cite à cet ester le
i Tournoyement de VAntéchrist, disant,
Quiconq m’en tienne à trépenfé,
Pour dire mon nouvel pensé. Borel.
TRÉPER. Vieux verbe. Paflèr le temps. Jean le Maire.Terere tempus. De 7pbra>, fugo. C’est auffi lanter. Sal-tare , tripudiare. D’où vient trépigner , de tripudiare.Il signifie auffi fouler aux pieds. Calcare. Borel.
Qu ils b astent, & trépent, & foulent. R. de la R.
TRÉPÉTER. Vieux v. a. Trépéter le corps, c’est l’agiter& secouer. Borel. Agitare , commovere , quatere.
TRÉPIDATION, f. f. Terme de Médecine, qui se ditd’un tremblement de membres & de nerfs. Trepidatio.Le commencement de la rage des chiens vient par unetrépidation de nerfs ou de membres. Tremblement estplus usité.
Trépidation , en termes d’Astronomie, est une eípècede titubation, ou de balancement du septentrion aumidi, & du midi au leptentrion , qu’on attribue au fir-mament dans l’hypothèse de Ptoiomée, pour expliquercertains mouvemens prelqu’inseníìbles qu on a obser-ves à Taxe du monde, qui changent un peu la latitudedes étoiles fixes, & par lesquels Fécliptique semble s’a-vancer un peu d’un pôle du monde à i’autre récipro-quement. Motus trepidationis. Ce mouvement s’ap-pelle auffi mouvement de lìbration premiere. Voye\Ozanam.
TRÉPIDITÉ. f. fi Vieux mot. Crainte , frayeur.Nous en avons formé Intrépidité, qui est en usage.
TREPIED, fi m. Ustencile de cuisine fait d’un cercle defer, soutenu de trois pieds, fur lequel on pose leschauderons , fourneaux , ou poêles qu’on veut tenirfurie feu. Tripes , instrumentum ferreum tripes. On ledit auffi quelquefois par extension des sièges de boisqui n'ont que trois pieds, qui soutiennent quelquechose. Un trépied de platine. Aubin dit auffi Trépot.
Trépied. Terme de Cirier. Les Blanchisseurs de cirenomment trépied une petite table carrée, faite de me-nus morceaux de fer, iur laquelle pose l’instrument eqforme d’auge, qu’ils appellent la greloùoire.
Ce mot vient de tripetia , dont s’est íervi SulpiceSévère - , pour dire, une selle à trois pieds dont se ser-voient les paysans Gaulois. Ménagé. Ou plutôt du mot
' Celtique ou Bas-Breton trèbes, d’où on a fait trépiedpar changement & addition. (
|TrÉpi ed ’ chez les Anciens, étoit un siège fameux & sa-cré, sur lequel les Prêtres, les Sybiiles te mettoientpour rendre des oracles ; c etoit là que Dieu leur inspi-rait la fureur dont ils le feignoient saisis pour faireleurs prédictions. Tripus. On dit qu’une sainte fureursaisiílòit la Prêtrestè sur le sacré trépied , & qu’une va-peur toute céleste la remplillòit d une vertu divine pourprononcer des oracles. Boil. C est à Delphes où nousavons Pencens & le trépieds Ablanc. En Latin cortìrut.
Le trépied , fur les médaillés Romaines , marquequelque sacerdoce ou dignité sacerdotale. SpanheiM.Le trépied couvert ou non avec une corneille & undauphin est le symbole des Duumvirs députés pourgarder les oracles des Sybiiles, & pour les consulterdans l’occasion. Ils etoient conservés au pied de la sta-tue d’ApoIIon Palatin, à qui la corneille est consacrée,