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Tome huitieme. [THA - Z.]
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qui est au-destbs de leur étale, & où il y a des clousà crochets, pour pendre la viande.

Tringle , se dit aulïi chez les Menuisiers, dune règlede bois , longue & étroite , qui leur sert à boucherquelques ouvertures de portes, fenêtres,châssis,&c.Espèce de règle longue, qui, encastrée & scellée au-deíïous des Corniches des chambres, sert à porter latapisserie, & à divers usages dans la Menuiserie. Da-Viler. Regula, canon.

On le dit auíïì en Charpenterie d’une pièce de mer-rain de z pieds de long, Sc de cinq ou six pouces delarge , qui sert à couvrir les joints des planches d’unbateau tant du fond, que des bords. Regula.

Tringle, se dit auíïì en Architecture de plusieurs petitsmembres ou ornemens carrés , comme réglets , oulistels, ou platebandes, &c. Toreuma quadratum.

Tringles à ourdir, chez les Nattiers. Ce font deuxlongues & fortes pièces de bois fur lesquelles ils bâ-tiííènt & ourdiíïènt leurs nattes, c'est-à-dire, fur les-quelles de plusieurs cordons de nattes qu’ils cousentensemble, ils font des pièces de la longueur & largeurqui leur font commandées.

Les Vitriers se servent auíïì de tringles de fer ou debois pour dresièr & enfermer leurs panneaux. On lescoupe à angles par les deux bouts, afin qu’elles puillèntmieux se dreííer d’équerre.

Dans les Manufactures deS Glaces de grand volumeles tringles de la table à couler, font deux grandes piècesde fer auíïì longues que la table, qui fe placent à dis-crétion des deux côtés, pour régler la largeur de laglace. C’est fur les tringles que porte le rouleau defonte qui détermine l’épaiffèur de la pièce. Dict. deComm.

TRINGLER. v.a. Terme de Menuiserie. C’est tracer surune pièce de bois une ligne droite avec le cordeaufroté de pierre blanche, noire , ou rouge, pour la fa-connner. Incujso fune tinclu lineam dejiribere.

TRINGLETTES, f. f. pi. Pièces de verres dont on com-pose les panneaux de vitres. C'est auíïì un outil de Vi-trier qui sert à ouvrir le plomb. C’est un outil de feren forme de petit couteau émousté. Cest quelquefoisun morceau d’ivoire, d'os, de buis, plat & arrondipar le bout.

TRINIDAD. Mot Espagnol qui signifie Trinité. Nomd’un bourg ou petite ville de l’Amérique septentrio-nale. Trinitas. Il est dans la province de Guatimala,fur la mer du sud.’ Quoique ce lieu ne soit pas ferméde murailles, il ne laiíïè pas d’être considérable, parceque n’y ayant point d’autre port surjette côte, tousles vaisseaux qui viennent du Mexique, de Panama &du Pérou, pour Guatimala , abordent à la Trinidad.Il y a à demi-lieue de la Trinidad un lieu que les Es-pagnols appellent -une des bouches de l’Enfer. Cestune terre balle, d’où il fort continuellement une fu-mée épaiíïè & noire, qui est de temps en temps mê-lée de flammes, & si étrangement puante, qu’on nepeur la souffrir, quand on s’en approche un peu trop.Thomas Gage. Maty. On Tappelle auíïì la Trinité.

Sur la côte méridionale du Golfe du Mexique, il ya auíïì une petite ville appelée Trinidad ou de la Tri-nité. Elle a un allèz beau port, fort acceíïìble & com-mode pour beaucoup de navires ; elle a auíïì une ri-vière très-belle & poissonneuse; tout le trafic du bourg& de cette ville ne consiste qu’en tabac , qui est très-bon, & fe transporte presque en tous les endroits desIndes, & même en Espagne, où on le met en poudre,qui est ce tabac qu’on a par toute l’Europe, Sc qu’onnomme tabac de Séville. Oexmelin.

Trinidad, ou l’île de la Trinité. Trinitatis infula. Iy a deux îles de ce nom dans l’Amérique méridionale - ,1 une est dans le golfe de Paria, près de l’embouchurede la riviere de ce nom. Elle n’est séparée de la régionde Terre-ferme que par le petit détroit qu’on nommeBoca del Drago. Elle est médiocrement grande, ayantenviron trente-sept lieues de longueur, mais beaucoupmoins de largeur. Les Espagnols y ont la Colonie deS. Joseph, & ils pêchent sur ces cotes quantité de perles.L’autre île de la Trinidad est petite, déserte, & située

dans la mer d u Brésil, à l’orient de la Capitanie deSpi-ritu-santo. Maty.

Sancta Trinidad de Buenos-ayres. Voyei Buenos-ayres.

TRINITAIRE. s.m. Hérétique qui a des sentimens furle ( mystère de la Trinité , contraires à la croyance del’Église. On confond quelquefois les Trínitaires avecles Unitaires. Vbyei Unitaires. Les Sociniens & au-tres , appellent quelquefois Trínitaires , ceux qui oncdes sentimens orthodoxes fur la sainte Trinité.

TRINITAIRE. s. m. Ordre de Religieux fondé íbus lesauspices de la Trinité pour racheter chez les Infidèlesles Captifs Chrétiens. Religiosi de redemptione Capti-vorum fuh nomine sanclisiìmœ Trinitatis. On les ap-pelle dans le vulgaire Maturins. Les Trinitaires fonthabillés de blanc , & portent devant l’estomac unemarque de la Trinité, qui est une espèce de croixrouge & bleue. On prétend que par ces trois couleurs,blanc, rouge & bleu, ils représentent le mystère de laSainte Trinité. Les Trinitaires vont ordinairement ra-cheter les Esclaves Chrétiens qui font dans les Répu-bliques d’Alger, de Tunis 8 c de Tripoli, & dans lesEtats de Maroc. Quoique les Trinitaires aient unerégie particulière , néanmoins plusieurs Historiens lesmettent au nombre de ceux qui suivent la régie deS. Augustin, & ce sont proprement des Chanoines ré-guliers. Cet Ordre commença l’an 1 198 fous le pon-tificat d’Innocent III. Les SS. Jean de Mata & Felix deValois en font les Fondateurs ; le premier étoit deFaucon en Provence - , le second n’étoit pas de la fa-mille royale des Valois, comme quelques-uns l’ontcru. On conjecture, qu’il se nommoit peut-être ainsi,parce qu’il étoit du pays de Valois. L’an 1198, le 2.de Février , jour de la Purification, Innocent III leurdonna l’habit, &les renvoya en France, où Philippe-Auguste les reçut & les établit. Gautier ou Gaucherde Châtillon tut le premier qui leur donna un lieudans ses terres pour y établir un Couvent. Ce lieu futnommé Cerfroi, & il est fur les confins de la Brie Scdu Valois entre Gandelu & la Ferté-Milon , c’est leChef de tout l’Ordre. Honorius III confirma leur règle.Urbain commit l’Evêque de Paris, & les Abbés de S.Victor & de Ste Geneviève pour les réformer. Ils lefirent, & Clément IV , successeur d’Urbain, approuvaleur réformation l’an 12.67.. Cet Ordre possède envi-ron 250 Convens divisés en treize provinces, dont ily en a 6 en France, trois en Espagne, une en Italie &une en Portugal. Il y en avoit autrefois une en Angle-terre , une en Ecoiíe, & une en Irlande. Les quatreprovinces de France, de Picardie, de Champagne &de Normandie avoient autrefois le droit d’élire le Gé-néral ; mais Innocent XI permit à celles d’Espagne des’en élire un particulier , ce quelles firent en 1688.Depuis , Clément XI & Philippe V ont rétabli leschoses fur l’ancien pied. Robert Guagin a écrit lesChroniques de cet Ordre en France. L’habillemenrdes Trinitaires est différent selon les différend pays :en France ils portent une soutane de serge blancheavec un scapulaire de même étoffe , sur lequel il y aune croix rouge & bleue. Lorsqu ils sont au Chœur,ils mettent l’été un surplis, & l’hiver une chappe avecune espèce de caprice fendu par devant. Dans la mai-son ils ont un camail ; & quand ils sortent, ils prennentun manteau noir & un chapeau à la manière des Ec-clésiastiques. Ce n’est pourtant que depuis environ 80ans qu’ils ont pris cet habillement ; car ils étoient au-paravant vêtus de drap avec un grand camail tant auChœur & dans la maison , que lorsqu ils alloient enville. Les Réformés conservent encore cet habit. LesTrinitaires d’Italie font vêtus à peu près comme lesréformés , sinon que leurs habits font plus amples Scde serge, & qu’ils portent une chappe tant au Chœurqu’en allant par la ville. Ceux de Castille, d’Arragon»de Catalogne & de Valence ont des robes blanches Scune chappe noire. Dans le reste de l’Eípagne ils n’ontpoint de chappe , mais feulement un camail noir quidescend jusqu a la ceinture. Ceux de Portugal portentauíïì la chappe noire. Tous, excepté les Déchauíles,ont fur le scapulaire Sc sur la chappe le manteau ou

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