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Tome huitieme. [THA - Z.]
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qu ilsappeîoient vacuum ingens & coacervatum , &

1 autre qu’sts nommoient vacuum dijseminatum. Lepremier est un grand espace destitué de toute matière,rel que celui que l'on imagine au-delà des limites dumonde sensible - , tel queseroit encore l’efpace renfermépar les murailles d’une chambre, si Dieu jugeoit àpropos d’anéantir l’air & tous les autres corps qui setrouvent entre elles. C’est le vide admis par les Pytha-goriciens & les Epicuriens. Selon eux ce vide étoit unêtre réel & positif qui avoir les trois dimensions de lamatière, longueur, largeur & profondeur.

Les Corpusculaires modernes admettent auíïì cetteeípèce de vide , mais ils ne le regardent point commeune substance réelle, parce que ce seroit une substanceinfinie, éternelle & incréée. Le vide , ditBernier, n estpoint une substance positive , c’est un espace immaté-riel, une étendue, une dimension incorporelle. Lesdimensions qu’on attribue au vide, dit Botelli , ne fontpas reelles ; ce ne font que de simples privations, desnégations, des dimensions qu'auroit le corps qui rem-pljroit cet espace : c’est le capedo negativa. Si notree !prit ne peut le figurer le vide qu’en y joignant uneocendue qui le melure, son n en peut point conclurequ il n’y a point de vide , puisque notre imaginationne peut point non plus fe former une idée de finfini.Enfin supposer que le vide a des dimensions réelles,c’est dire que ce qui n’est pas corps a les dimensionsdu corps.

Quant aux Cartésiens pour qui espace , étendue ,matière , corps, font termes synonymes, ils soutien-nent hardiment que si Dieu anéantiíìòit tous les corpsqui fe trouvent dans une chambre, alors les murailless’approcheroient néceílâirement, fe toucheroient, enforte qu’il n’y auroit plus aucun espace , aucune éten-due entre elles. En ester, diíent-ils, deux corps fetouchent quand il n’y a rien entre eux. Or dans cettesupposition il n’y auroit rien entre les murailles, puisquetoute matière est supposée anéantie : elles feroient donccontigues, c’est-à-dire qu’elles ne feroient séparées paraucune etendue. Ainsi, selon eux , le corps n’étantautre chose que l’étendue même avec ses trois dimen-sions , admettre le vide, c’est en nier l’existence par ladéfinition même qu’on en donne.

Ce qu on appelle vacuum dijseminatum est un videqui fe trouve entre les corps & dans leurs intestins.C’est particulièrement ce vide dont il est question entreles Modernes. Les Corpuiculaires l’admettent. Les Pé-ripatéticiens & les Cartésiens Je rejettent. C’étoit unPtincipe chez les Péripatéticiens, que la nature a hor-re ur du vide. On voir, difoient-ils , certains mouveltl ens dans les corps contre leur inclination naturelle51 u on ne peut attribuer qu’à la crainte, à l’horreurquea nature a du vide. Telle est l’éíevation de I’eau dans■f s r Pompes, daiìs les seringues, &c. Il est évident,

| °’ e nt-i;s, que seau ne monte que pour remplir laP ace du piston. On raisonne bien autrement depuisqu on a découvert la pesanteur & l’élasticité de 1 air.

F 7 £ 5n Sm °ts.

Physiciens corpusculaires prouvent l’existencedu vide & d es yacuoles par des raisons tirées du mou-vement , de l a raréfaction, &c. En ester, diíent-ils ,s il n y a point de vide dans la nature, si tout est pleinde corps, le mouvement seroit impossible, Sc le mondene seroit qu une grande malle de matière roide, in-cxible, immobile; puisqu’aucun corps ne peut le re-^Uer qu il ne déplace un autre corps égal à loi.j.^Les Newtoniens distinguent deux sortes de vide ,co** ^áit & absolu, qui n’admet aucune elpcce dedu ^ 5 te ^ st ue ce hh que l’on conçoit avant la créationplac? 0ll< ^ e 5 cer e *P ace dans mquel le monde a étéfluid ^ au tre relatif & impartait, qui n’excíut pas unbiiité J n ^ niment tare & délié. Ils admettent la poísi-ui fou" ^ rern ' er vide , bien distérens des Cartésienscor t 5 ennetlt que Dieu ne peut pas anéantir toushe trouvent entre quatre murailles, fans-n- Urutailios s’approchent nécestairement , pourne aï r aucun espace vide entre elles. Ils fe conten-- t ent cepen an t d admettre dans les espaces célestes unVide imparfait & purement relatif, c’est-à-dire, un

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espace qui n’est rempli que d’un fluide infiniment rare,dans lequel fe meuvent les corps célestes, fans éprou-ver aucune résistance qui retarde leur mouvement.Voilà le vide relatif des Newtoniens.

Vide de la machine pneumatique. Cette machine deBoyle ne prouve point qu’il y ait un vide parfait,quoiqu’on puiile pomper l’air d’un vaifleau dans lequelles animaux ne peuvent plus vivre, parce que le réci-pient , suivant les Cartésiens, fe remplit de matièresubtile, à melure qu’on en pompe l’air grossier. Il estd’ailleurs pénétré par la lumière qui est corporelle.Quoi qu’il en loir, il est évident que le fluide qui restedans le récipient, est un corps infiniment rare, si onle compare avec l’air que nous respirons, puisque nousvoyons que dans ce récipient, ainsi purgé d’air, uneplume tombe auísi vîte que les corps les plus pesansque nous connoiísions fur la terre. C’est la mêmechose que le vide dans lequel fe meuvent les corpscélestes.

Vide est auísi adjectif, & fe dit de ce qui n’est remplique d’air, qui ne contient pas ce qu’il a accoutuméde contenir. Vacuus , inanis. Quand on a tiré le vind’un tonneau , on dit qu’il est vide. Une bourse estvide, quand il n’y a point d’argentdedans. Une chant'bre vide, c’est celle où il n’y a point de meubles. Une.maison vide, c’est celle qui n’est point habitée. Unestomac , un ventre vide , celui où il n’y a point d’ali-rnens. On ne va point voir les Princes d Orient lesmains vides , c’est-à-dire, fans leur faire des préiens.

Vide, en termes de Guerre. On appelle vides, ies placesqui ce stent d’être occupées par les soldats qui lont tuésou renveríés. Jamais on ne combattit avec plus de fu-reur ; on tomboit , on ne reculoit point. Les videsétoient promptement remplis, & le sang froid égaloicla chaleur des combatrans. Raynal.

Vide , se dit en Maçonnerie , de ce qui n’est pas entiè-rement plein ou solide. On a fait marché de ce mur à dixfrancs la toise tant plein que vide , c’est-à-dire, y compre-nant les baies & les ouvertures des fenêtres & des por-tes, comme si c’étoit un mur solide. On dit, les vides dece mur de face ne font pas égaux aux pleins, c est à-dire, que les baies font plus étroites, ou plus largesque les trumeaux, ou massifs. Espacer tant plein quevide , c’est peupler ou plancher de solives, en forte queles entrevoux ioient de même largeur que les solives.On dit auísi que les trumeaux font eipacés tant pleinque vide , lorsqu’ils lont de la largeur des croisées.Bousier, ou tirer au vide, c’est déverser, & íortir horsde son à-plomb. On appelle encore vides , des cavitésou chambrettes pratiquées dans un maísit de maçon-

nerie trop epais , ou poúr épargner la matière, oupour rendre la charge moins pesante.

En Médecine, on dit qu’il vaut mieux être pleinque vide, pour dire, qu’il faut qu’il y ait quelque ali-ment iur lesquels l’acide de l’estomac puisiè agir. Me-lior efi repletio , qudm inanitio. Les Tailleurs disentqu’un habit est brodé & chamarré tant p ein que vide,pour dire que ce qui est brodé & chamarré occupeautant d’eipace qua ce qui ne f est pas.

Les Médecins appellent les jours vides, ceux qui nefont pas critiques, pendant lelquels ils peuvent purgersûrement, comme font le 6 , le 8, le i o, le i z , le 1 6 ,& le 18 de ia maladie. Dies vacui.

Vide. Terme de Billard. Au jeu de la guerre on appellefane vide, lorfqu’un des Joueurs fait, c’est-à-dire ,blouse toutes les billes qui font íur le tapis, ou qu’illes fait sauter ; en sorte qu’il ne reste que ia sienne ;& qu’il vide le billard , & le débarralîe de toutes lesautres. E mensd tudiculari glooui/os omnes expellere,ejicere. En laveur du vide , on paye à celui qui ie fait,double rétribution, ou le double du prix qu’on estconvenu de jouet par partie.

En parlant des Pièces Dramatiques, on dit que leThéâtre est vide, loríque dans le cours d’un Acte, lesActeurs qui étoient iur la lcène étant sortis, ceux quileur succèdent commencent une lcène qui n’a aucuneliaison avec celle qui vient de finir. Ac. Fr. C’est dansl’instant de ces deux scènes que le Théâtre est vide.

Vide, fe dit figurément en choses morales. Vacuus, ìm-