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Tome premier.
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ne pouvaient- être bardés sur des ponts d’échafaudages à différentes hau-teurs et posés à la pince sur cales, comme on le fait de nos jours ; ilfallait qu’ils arrivassent juste au-dessus de la place qui leur étaitdestinée pour y être assis doucement et avec précision. Assis de traverssur leur lit, les engins n’eussent plus été assez puissants pour les enarracher, à cause de l’adhérence des deux surfaces horizontales exacte-ment planes et jointives. On ne pouvait alors obtenir cette précision depose qu’au moyen de grandes chèvres que l’on amenait et que l’onhaubannait successivement au-dessus de chaque colonne, puis, celles-cimontées, au-dessus de chaque entre-colonnement, pour hisser les plates-bandes, triglyphes, métopes, corniches, etc. IVoublions pas à ce proposque les Grecs étaient un peuple de marins et que, comme tels, ilsavaient dû de bonne heure posséder des engins de construction exécutésavec adresse, simplicité et perfection. Ces moyens matériels expliquéssommairement, examinons maintenant l’œuvre en elle-même ; voyonss’élever le temple grec. Le mur de la colla construit, les colonnes dres-sées, l’architecte observe que les blocs horizontaux, les plates-bandesqui doivent porter d’une colonne à l’autre, peuvent, à cause de leurlongueur, se briser sous la charge; sur le sommet des colonnes, il posedes blocs saillants, des chapiteaux.

Le tailloir du chapiteau dorique grec est carré ; deux de scs faces, parleur forte saillie, soulagent d’autant la portée de l’architrave ; mais lesdeux autres, celle extérieure et celle intérieure, ne portent rien. Si doncle chapiteau dorique grec était l’imitation d’un chapeau de bois, ces deuxsaillies intérieure et extérieure, débordant le nu du poitrail, n’auraientaucune raison d’être, ainsi que je l’ai démontré plus haut. Au contraire,ces saillies sont parfaitement justifiées par la construction de pierre. Eneffet, les blocs les plus considérables qui composent l’ordre doriquegrec sont forcément les architraves, les plates-bandes portant d’unecolonne à l’autre ; car si l’on peut élever les colonnes au moyen de tam-bours plus ou moins nombreux, il n’en est pas de même pour les archi-traves, qui doivent avoir en longueur la distance qui existe entre les axesdes colonnes et en hauteur une épaisseur suffisante pour offrir une granderésistance. Mais nous venons de voir que ces blocs sont enlevés par leursdeux extrémités cachées et posées à joints vifs. Pour faire descendreexactement des blocs aussi pesants sur leurs lits de pose, c’est-à-dire surle tailloir des chapiteaux, il était nécessaire que la manœuvre fût faiteavec adresse, précision et sûreté, sous peine de faire dévier les colonnesde la verticale. Les saillies intérieure et extérieure du chapiteau étaientalors d’une grande utilité ; elles permettaient de déposer de longs plats-