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Tome premier.
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194 ENTRETIENS SLR I.’ARCHITECTURE.

Byzance , les Romains trouvèrent les éléments d’une renaissance; s'ilsne la désiraient pas, ils n’y étaient pas du moins opposés. I n nouveauculte remplaçait le culte du paganisme, tout concourait donc à faire decette renaissance une des époques les plus brillantes de l’art. Cependantjusqu’alors le christianisme, tantôt persécuté, tantôt toléré, u avait pas unart à lui : il vivait sur l’art antique, se servant des monuments qu’on luilaissait et ne se préoccupant guère de leur donner une forme ou desdispositions particulières. Comme-lieu de réunion des lidèles, la basiliqueromaine était et devait être l’édil'ice le plus favorable aux assembléeschrétiennes ; et on pourrait dire, je crois, cpie les dispositions de labasilique romaine, monument civil, exercèrent une influence sur l’ordredes premières cérémonies ostensibles des chrétiens, Ouoi qu’il en soit,car ceci sort de notre sujet, les chrétiens ne se piquèrent pas de posséderun art qui leur fût particulier, et trouvèrent bon de se servir des archi-tectes, sculpteurs et peintres qu’ils avaient sous la main, pour élever et.décorer leurs monuments religieux ou civils. La maison d’un Romainadorateur du Christ ne différait pas de celle du Romain adorateur de.lupiter : l’un et l’autre possédaient des esclaves, une épouse légitimequi vivait dans un appartement particulier, avec ses femmes et lesenfants; l’un et l’autre passaient la pins grande partie du jour dans leslieux publics, qui étaient les mêmes, sauf l’église pour le chrétien et letemple pour le païen. Pour que le christianisme eût une influence sur lesarts, il fallait d’abord qu’il en prit sur les mœurs, sur les habitudespubliques et privées des particuliers : or le christianisme n’avait passensiblement changé les mœurs et les habitudes des Latins, tandis quechez les Crées, au contraire, très-accessibles aux idées philosophiques etreligieuses, il avait profondément remué les intelligences, avait étél’occasion d’une foule d’écrits et de discussions qui entraînaient l’opinionà ce point, que les empereurs romains vivant au milieu de ces popula-tions grecques se mêlèrent bientôt de soutenir telle hérésie ou tel dogmeattaqué, contrairement aux sages traditions de l’empire. Ce fut alorsaussi cpie la nouvelle religion eut une influence sur les arts. De mêmequ’on discutait des points de doctrine, on se mit à discuter sur la repré-sentation des personnes divines, des saints ; on la combattit ou onl’approuva ; approuvant les images, on voulut qu’elles fussent hiératiques ;on voulut que l’Eglise adoptât une forme consacrée. Les empereurs semêlèrent, eux aussi, de ces discussions d’écoles, de formes, comme ilsse mêlaient de discussions théologiques : on était bien loin des Anto-nins. Dès lors, l’Occident tombait aux mains des barbares, les monu-ments romains qui couvraient le sol des Gaules, de l’Italie , d'une