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romain ne tendait qu’à mettre de l’imité entre les provinces du territoireoccidental. Des barbares, divers par leur langage et leurs mœurs, seprécipitent sur les Gaules par plusieurs issues; ils s’y établissent, s’ydisputent le sol, s’v battent, et, pendant plusieurs siècles, ne font autrechose que de tenter de rompre l’unité qui pouvait exister entre les popu-lations. Le système féodal, qui s’établit sous les successeurs de Charle-magne d’une manière à peu près régulière, semble fait pour diviser àjamais non-seulement les provinces, mais les domaines, et cependant,dès le xi* siècle, nous apercevons un travail lent, mais persistant, despopulations vers l’unité nationale. Ce travail ne s’arrête pas un seuljour. Les peuples occidentaux formant ce que les Romains appelaient lesGaules ont donc un génie particulier, comme les Grecs ont eu le leur.Pourquoi donc, puisque seuls en Occident ils sont doués de ce génievivace, génie qui indique une même origine, auraient-ils été lesseuls à ne pas posséder un art qui leur fût propre? Gomment explique-rait-on cette contradiction, si l’on tentait de l’expliquer? Mais on n’ex-plique pas, on juge, et ceux qui les premiers reconnaissent ce qu’il y ade constant dans le travail des populations gauloises vers l’unité natio-nale, par une singulière inconséquence, nient que ces populations aientpossédé un art propre. Ils font les plus grands ell'orts pour que la penséede l’existence d’un art français ne pénètre pas dans la foule, pour laprésenter comme le rêve ingénieux de quelques esprits systématiques.C’est l’insistance à repousser cette idée qui doit nous mettre à mêmede connaître les causes principales d’une opposition si étrange. C’estcette insistance qui doit nous faire voir l’importance qu’il y a pournous à dépouiller la vérité de tous les voiles qui la peuvent encoremasquer ; c’est la persistance à ne pas vouloir admettre une idée quiprouve habituellement que l’idée est féconde. Mais les causes! les causesde cette opposition, où sont-elles? Elles sont, parmi les personnes quine sont pas artistes, dans l’horreur que la toute a conservée pour lesinstitutions du moyen âge en France , comme si les arts étaient laconséquence de ces institutions et n’étaient pas au contraire unedes plus vives expressions des races indigènes cherchant à réagircontre un régime odieux; chez les artistes, dans un enseignementfaux, irrationnel, incomplet, dans le dégoût pour les études qui, sor-tant de la routine, s’appuient sur la recherche incessante du vrai, sur laconnaissance de notre génie et de nos instincts, sur le jugement plutôtque sur des formules; elles sont, car il faut bien le dire, dans la noncha-lance des esprits, habitués à ne plus recourir à leur faculté de raisonner,à croire que l’inspiration n’est cpie la fantaisie, tandis qu’au contraire