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Tome premier.
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pour le luxe, pour le paraître , et une exécution barbare, sentant ladécadence : ce n’est plus la sculpture antique, ce n’est pas comme enFrance l’imitation franche de la llore locale ; c’est un compromis sansstyle, sans caractère, entre les traditions romaines et byzantines et lesinfluences des arts du \ T ord. Ce n’est guère qu’au commencement du

xv' siècle que l’Italie voit naître. non une architecture, mais des

architectes. Il semble que du jour où cette contrée a été arrachée àl’empire de Rome , elle est devenue l’image du morcellement. Non-seu-lement les villes sont rivales, se déchirent le sol, mais, dans les produc-tions d’art, on ne rencontre, que des artistes, non des principes; lesindividualités sont parfois brillantes, mais ce ne sont que des indivi-dualités : aussi l’étude de l’art de l’architecture au moyen âge en Italie ne peut-elle produire que des biographies, non une histoire, ni parconséquent un enseignement. Les Italiens du moyen âge, n’ayant puformer un art, pas plus qu’ils n’avaient su former une nation, devaientrevenir naturellement à l’imitation des arts romains; c’est ce qu’ils firentun siècle avant nous, et là encore les individualités apparaissent. Si nousnous occupons de la renaissance italienne, de laquelle parlerons-nous?Est-ce de la renaissance de Rrunelleschi, de celle de Michelozzo , deL Batista Alberti, de Bramante, de Balthazar Peruzzi, de Sansovino ?Les œuvres de ces maîtres, quel que soit leur mérite particulier, sontdes œuvres individuelles qui n’ont point entre elles ces rapports, cettefiliation que l’on aime à trouver dans les productions d’art d’un pays;rapports qui sont si frappants chez nous, de la Garonne à la Manche,pendant le cours du xvi* siècle. Grâce cependant à l’influence de cesmaîtres italiens du xv' siècle, voilà que la jeune noblesse française , auretour des campagnes de Charles Vil I et de Louis XII , veut bâtir despalais italiens. A r ous allez voir comme la vieille malice des artistes français se fait jour, comme le Gaulois reste Gaulois.

Depuis le xm* siècle jusqu'au commencement du xv* siècle, l’art del’architecture est un art tellement entier, combiné, soumis aux principesdes initiés, qu’il ne peut admettre aucune influence ; ni le clergé dans laconstruction des églises, ni la noblesse séculière dans la construction deses palais et châteaux, ni la riche bourgeoisie dans la construction de sesmaisons, n’essayent et ne peuvent tenter de soumettre l’art à leursfantaisies : l’art est absolument indépendant; c’est une puissance qu’onappelle quand on en a besoin , mais qu’on ne saurait diriger ; elle agitlibrement, elle se gouverne elle-même; les architectes, en un mot,forment un corps qui possède, dans le domaine des arts, ses privilèges,ses franchises auxquelles personne ne songe à porter atteinte. Pendant