SIXIÈME KXTRETJEV
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sur leurs bàtimenis, à les couronner de tuyaux de cheminée apparents, àfaire des portiques lias abrités de la pluie, des fenêtres à meneaux, desescaliers étroits et nombreux, de grandes salles largement éclairéespour les réceptions et de petites pièces pour l’habitation journalière ; â sesoucier assez peu de la symétrie, à flanquer leurs logis de tours ou depavillons, à songer à la défense, à rendre les bâtiments indépendantsles uns des autres au besoin, à percer des jours en rapport avec lespièces qu’ils doivent éclairer. Et la noblesse, amateur des arts, debattre des mains, parce qu’elle voit, sur les façades de ses palais, descolonnes et des portiques à l’italienne, des arabesques et des cariatides,et tout le monde de dire alors et de répéter depuis niaisement que cesédifices sont l’œuvre des Joconde, des Rosso, des Primatice, des Serlio !
N’omettons pas de constater que la plupart de ces artistes embrassentle parti de la Réforme au moment où elle commence en France à fairedes prosélytes. A travers son éclat, le xvi e siècle, chez nous, est unelongue et parfois une tragique mystification. Ori se trompe les uns lesautres; chacun fait parade de sentiments opposés à ses véritablespenchants ou à ses intérêts. On se bat. à propos de questions religieuses,et catholiques ou réformistes sont les gens les plus incrédules. Laréformation se recrute principalement dans la classe élevée, qui avaittout à perdre dans une révolution sociale et qui ne réformait pas sesmœurs. Le peuple défend les traditions religieuses avec fanatisme, luiqui n’avait rien à perdre et tout à conquérir; il mêle à la défense destraditions de l’Église, à ses alliances avec le plus despote des roiscatholiques, des sentiments républicains. La royauté est faible et indécise,au moment où l’énergie était surtout nécessaire. Celui qui parvient àremettre de l’ordre dans le pays, Henri IV , est de tous le plus ingénieuxet le plus spirituel mystificateur. Les arts du temps sont bien la fidèleimage de ce chaos dans les idées. Confusion, défaut d'unité, d’harmonieentre les principes et l’apparence, importance exagérée donnée auxdétails; exécution négligée souvent, maniérée toujours, molle, indécise.Quelques individualités surgissent au milieu de ce désordre, mais ellesne laissent pas de trace après elles. Ce sont des éclairs, non la lumière.C’est au milieu des ruines que finit ce siècle si brillant pendant sespremières années. Cependant l’esprit civil s’était formé, le sentiment dudevoir politique s’était développé, l’unité nationale avait fait des progrès.Dès les premières années du xvn c siècle, on voit qu’une révolution s’estfaite dans les arts : on est revenu de l’engouement pour l’Italie . Il s’élèvealors sur le sol français des édifices civils empreints d’un caractère nou-veau ; ce ne sont plus les fantaisies désordonnées ou les mystifications de