SEPTIÈME ENTRETIEN.
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morceau; il l’isole même de cet angle, de manière à l’alléger en mêmetemps qu’il lui donne de la fermeté. Dans des édifices très-élevés etcomposés, par conséquent, d’un grand nombre d’assises, cette façon deplacer aux angles des pierres en délit, rigides comme un étai, n’a passeulement l’avantage de contenter un besoin des yeux, elle roidit cesangles et reporte les pesanteurs et les tassements vers les milieux ; ainsiraisonnaient les architectes grecs lorsqu’ils diminuaient les baies desédifices au sommet, et lorsqu’ils inclinaient les colonnes d’angles versl’intérieur.
Que l’instinct de l’artiste, que ses yeux l’aient guidé avant l’interven-tion du raisonnement, ou que l’opération inverse ait eu lieu, toujoursest-il que nos architectes laïques ont employé à la fois, comme motif dedécoration et comme moyen'de construction, les pierres posées deboutet par assises avec une adresse remarquable. Ils ont bientôt comprisque s’ils étayaient des bâtisses très-hautes et formées d’assises bassessujettes à des tassements et à des déversements au moyen de morceauxde pierres dures posées en délit, ils donnaient à ces bâtisses une stabi-lité parfaite sans recourir à des masses énormes de matériaux ; que s’ilssuppléaient aux empattements par des charges, ils assuraient égalementcette stabilité sans encombrer les sols par des piles ou des murs d’uneforte épaisseur. Supposons que nous ayons à élever un mur isolé de dixmètres de hauteur en briques ou en assises basses, et que nous ne puis-sions donner à ce mur plus de trente centimètres d’épaisseur, il est évi-dent que pour le maintenir dans son plan vertical il faudra l’armer decontre-forts rapprochés ; mais on veut laisser le plus d’espace libre pos-sible à la base du mur, on prétend le décorer ; nous n’aurions qu’unmoyen de donner de la stabilité à ce mur, ce serait de le flanquer, surles deux faces, figure 17, de colonnes en matière très-résistante, commede la fonte de fer, par exemple, de superposer au besoin ces colonnesen les retraitant quelque peu et les réunissant au corps de la muraille pardes boutisses intermédiaires A, et en les chargeant à leur sommet B pardes arcs bandés de l’une à l’autre. 11 est certain que cette construction,commandée par les lois de l’équilibre et de la statique, peut offrir unmotif de décoration.
Dans l’architecture du Bas-Empire et dans l’architecture byzantine,on reconnaît déjà que ces moyens de stabilité sont adoptés, mais timide-ment. On doit à nos architectes occidentaux de les avoir érigés en sys-tème. Ainsi, dans les hautes tours de nos cathédrales, comme à Laon ,comme à Senlis , on voit que les architectes, préoccupés de donner de larigidité à ces constructions très-élevées comparativement à leur base, ont
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