HUITIÈME ENTRETIEN. 329
être traité ; quels sont les rapports conventionnels qui existent, ou quel’on suppose devoir exister, entre les parties et le tout d’une ordonnance.11 s’agit, avant tout, d’expliquer comment la raison doit gouverner lesformes d’architecture, sous quelque civilisation que ce soit; comment laraison étant du domaine public, tout le monde peut être apte, parconséquent , à reconnaître en quoi un édifice est bon ou mauvais;comment ainsi le public, qui juge d’instinct et qui cependant, pris enmasse, ne se trompe guère, mais ne saurait définir les causes de sonblâme ou de son approbation, peut arriver à contraindre la franc-ma-çonnerie à discuter et défendre ses dogmes, si elle en a, ou à motiverses jugements, si elle en porte. 11 s’agit d’expliquer les méthodes diversesemployées à certaines époques favorables au développement de l’art,pour arriver à l’interprétation d’un programme donné.
Le fond des programmes change peu, car les besoins des hommes,à l’état de civilisation, sont à peu de différences près les mêmes;mais le climat, les traditions, les mœurs, les habitudes, les goûts,font que ces programmes reçoivent, suivant le temps et le lieu,une interprétation particulière. Ainsi, par exemple, pour les Athénienscomme pour les Parisiens, le programme d’un théâtre est le mêmequant à la destination de l’édifice. Que demandait et que demandeencore ce programme? Des places nombreuses pour les spectateurs,disposées de manière à permettre à tous de voir et d’entendre; unescène, un orchestre pour les chœurs ou pour les musiciens ; des sallesde réunion et des loges pour les acteurs ; des promenoirs réservés auxspectateurs; des dégagements faciles soit pour l’entrée, soit pour lasortie. Et cependant, une salle de spectacle de nos jours ne ressemblenullement au théâtre de Bacchus. Pourquoi? C’est qu’à côté de ceprogramme indiquant seulement la destination de l’édifice, il y a leprogramme dicté par les mœurs et les habitudes de la société quil’impose. Parce fait seul que les représentations scéniques des anciensavaient lieu en plein jour et que les nôtres se donnent de nuit, les deuxédifices, l’ancien et le moderne, doivent différer essentiellement quantà la structure, quant à la distribution intérieure, quant à la décoration.Si, à ces données différentes et principales, nous ajoutons les milledétails que nos habitudes théâtrales viennent imposer, telles que l’effetscénique, le jeu des machines, les divisions de la salle par loges, etc.,nous arrivons à produire une œuvre architectonique qui n’a guère decommun avec celle des anciens que le nom. Voici donc un programmedonné à Athènes et à Paris pour satisfaire au même besoin, et ceprogramme, par cela seul que nos habitudes ne sont plus celles desi. Al