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Tome premier.
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37â ENTRETIENS SUR I.’aRCUITECTURE.

architectes du xvr siècle ne pouvaient brusquement laisser de côté lesméthodes impérieusement logiques de leurs devanciers; la vieille écolefrançaise vivait encore en eux; ils étaient gens de goût, ils évitaientavec soin la banalité et recherchaient au contraire cette distinction quiprête un attrait aux choses les plus ordinaires. Il est facile de trouverla trace des combats qui se faisaient dans l’esprit des architectes de laseconde moitié du xvi' siècle, lorsqu’ils voulurent contenter à la fois leurraison et ce besoin d’abandonner la voie monotone où les menait lesystème d’ordres superposés ; ils firent alors toutes les tentatives imagi-nables pour dissimuler cette monotonie ; nous les voyons admettre lesordonnances de cariatides, de gaines, de trumeaux historiés, de pan-neaux avec ornements, de pilastres avec arabesques. Ces essais man-quaient de grandeur, et quelle que fût l’adresse des architectes, on nevoyait toujours là que des ordres superposés.

Androuet Du Cerceau , dans son recueil Des plus excellens bastimensde France , nous donne les projets dressés pour la construction duchâteau de Charleval, près les Andelys. Ce château, qu’avait fait com-mencer le roi Charles IX, « eust esté, dit Du Cerceau , le premier des« bastimens de France . » 11 fut à peine élevé jusqu’au niveau du sol ;mais les dessins qui nous en restent sont d’un grand intérêt, autant parla disposition générale du plan que par le style des façades, danslesquelles nous voyons les efforts nouveaux d’un architecte voulanttrouver absolument une grande disposition, sans abandonner les prin-cipes logiques de ses*devanciers. Dans l’élévation extérieure des bâti-ments de la basse-cour (première cour), fig. 6, on observe que le grandordre de pilastres doriques remplit exactement les fonctions de contre-forts, de chaînes de pierre. Pour mieux accuser cette fonction, l’auteurdu projet a même divisé ces pilastres par des refends. Prenant l’ordrecomme contre-forts, il était possible, sans choquer la raison, de coupercette ordonnance par un plancher. Observons que la corniche estcontinue et ne ressaute pas à chaque pilastre, les frises venant pénétrersous la saiilie des larmiers. Sauf les détails, c’est encore là une dispositionqui appartient entièrement au système d’architecture civile du moyenâge.

Mais sur la façade intérieure du même bâtiment, qui paraît avoir étéélevé jusqu’à une certaine hauteur, l’architecte du château de Charleval,non-seulement voulut accuser plus franchement le grand ordre, maisaussi dissimuler entièrement la présence du plancher du premier étage;et, adoptant ce parti, contraire aux principes logiques des architectesdu moyen âge, l’a-t-il fait avec une adresse remarquable. En effet