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emploient la colonne, celle-ci part du sol et porte la voûte. Si dans desédifices de transition comme .Notre-Dame de Paris , comme les cathédralesde Noyon , de Sens et de Sentis et certaines églises de la fin du xiT siècle,les architectes ont planté une ordonnance sur un rang de piliers infé-rieurs, ils ont eu assez de goût pour faire que cette ordonnance inférieurene prît que des dimensions relativement réduites de manière à servir, pourainsi dire, de soubassement, de socle. Mais quand cette architecture sedéveloppe, quand elle acquiert une parfaite unité comme à Reims ,comme à Amiens, comme à Bourges, à Chartres , etc., autant les exté-rieurs découpent des silhouettes accentuées, font valoir les saillies et lesdécorent, profitent des effets produits par la lumière directe ; autant lesintérieurs simplifient les lignes, évitent les saillies, unifient les moyensdécoratifs. Dans ces édifices, l’extérieur est fait pour inviter le specta-teur à tourner autour, à se mouvoir, à jouir d'effets très-variés, multi-ples ; à l’intérieur, au contraire, tout est disposé pour causer une seuleimpression, impression de calme et de grandeur. La sculpture est rare,les lignes verticales qui élèvent, sont multipliées. Les détails sont réduitsà l’échelle humaine; tout concourt à l’unité d’effet. Et quand on en vientà l’analyse de ces détails, on reconnaît que chaque membre, chaque pro-fil, ont été tracés pour la place qu’ils occupent et pour produire un 'effetvoulu à cette place. Si la cathédrale d’Amiens était à l’état d’amas dedécombres, on pourrait, en examinant chaque débris, lui assigner saplace au moyen de la formule géométrique indiquée dans la figure 13.
M. Raoul Rochette se plaignait de la pauvreté des intérieurs de noséglises, lorsqu’on les compare aux façades; mais ces intérieurs n’étaientdécorés que par des peintures, par des vitraux, qui sont un genre depeinture, et par un mobilier généralement fort riche. 11 faut bien admettreque les intérieurs des édifices grecs étaient de même plutôt décorés par despeintures et des objets meubles que par des ordonnances d’architecturecompliquées ou présentant de nombreuses saillies. Ce principe est tropvrai, trop naturel pour que les artistes de race hellénique ne l’aient passuivi avec rigueur. Mais qu’est-ce qu’était la cella d’un temple grec, com-parée à l’intérieur de la cathédrale d’Amiens ? Lne surface d’une centainede mètres mise en parallèle d’une surface de sept mille mètres. A coupsûr, je ne constate pas ici cette différence comme marque de supériorité ;l’art est indépendant de la dimension des édifices, et personne ne pré-tendra que l’église de la Madeleine vaut le petit temple de Thésée,mais il ne saurait être contesté non plus que les dimensions imposent àl’architecte des problèmes d’autant plus difficiles à résoudre qu’elles sontplus étendues. S’il faut s’y reprendre à plusieurs fois pour donner d’heu-