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Tome premier.
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420 ENTRETIENS SUR I.’ARCHITECTURE.

enveloppe bien mieux appropriée à la structure que celle adoptée sousl’Empire, d’Auguste à Constantin . Les Grecs, qui sont les véritables pré-curseurs du progrès en toute chose, ont marché en avant, tout en tra-vaillant pour leurs puissants patrons; dominés, ils ont abandonné leurstraditions ioniennes et doriennes; ils ont pris l’architecture romainepour ce qu’elle était, l’ont arrangée, et d’une structure ils ont su faire unart. Au lieu de pleurer éternellement sur les marches du l’arthénon,comme les Juifs sur les murs du temple de Salomon, ils ont fait sortir,de l’art avili de la Rome du ni 0 siècle, l’art byzantin. Les Athéniensn’ont guère inventé, mais ils ont eu le don d’éclaircir, de combiner,d’épurer. Ce sont des metteurs en œuvre supérieurs, parce qu’ils ontfait passer tout ce qu’ils ont pris au creuset de leur esprit à la fois élevéet logique. Sous Périclès , ils n’ont pas fait autre chose en art et enphilosophie; de toutes les tentatives plus ou moins parfaites des Ionienset desDoriens, ils ont extrait en architecture et statuaire le Parthénon ; del’école de Pythagore, de Parménide, de Zenon et du système empiriqueionien, Platon et Aristote sont nés. Plus tard, cette race grecque a trouvédans son sang appauvri assez d’énergie encore pour tirer de l’art affadide la Rome vieillie ce rejeton vivace appelé architecture byzantine,mère des seules architectures qui méritent ce nom depuis Constantin .

Successeurs des Grecs en Occident au moyen âge, et comme euxamants du progrès, nous avons été en avant, nous avons formé un tout dedébris épars. Comme les Grecs aussi, nous n’avons pas su nous arrêter,et après avoir reconstitué un art, et l’avoir poussé à sa perte par l’emploiabusif de ses propres principes ; après avoir eu nos sophistes, nous noussommes remis sous le protectorat des Romains, pour abaisser encoreprobablement le niveau de leur architecture. Quand nous serons las decontempler ce dernier et pâle reflet, peut-être aussi ferons-nous commeles Grecs, et cherchant dans notre propre fonds, trouverons-nous uneapplication nouvelle de cet art dont nous aurons fini d’user les dernièrestraces. Parmi tant de contradictions à travers lesquelles se débat lasociété moderne, ce n’en est pas une médiocre que celle dont noussommes témoins dans le domaine de l’architecture, et qui met les défen-seurs de l’antiquité ou ceux prétendus tels, dans une voie opposée àcelle qu’ont suivie les Grecs de l’antiquité. Si on veut que les Grecs aientété des extravagants en fait d’art et les Romains des artistes, on estlogique en nous faisant biffer les productions architectoniques du moyenâge; mais si les Grecs sont bien réellement des artistes, les Romainssont évidemment des barbares qui cherchent à s’adoucir au contact deleurs protégés, et alors c’est le génie grec qui doit survivre dans le do-