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latin, nous possédions un art soumis à ses propres règles, ne relevant quede lui-même, et cependant, nous avons été rechercher ces copies ita-liennes d’un art renié avec raison par les Grecs, et nous admirons fort lesGrecs! Expliquera ces contradictions qui pourra. En attendant, une rou-tine bien appuyée, ombrageuse et tenace, tient lieu d’explications.
Mais le génie grec était destiné longtemps (puisque cela dure encore)a être dominé par le barbare; l’intelligence active, passionnée pourle mieux logiquement déduit, devait retomber, sous la main de la forceorganisée; la formule devait soumettre l’esprit, et il était écrit que laformule étoufferait même, par un semblant de retour vers l’une desformes admises par le génie grec, le souffle dont, en Occident , nousavions conservé des aspirations.
De par les Grecs, on devait arriver à entraver la marche libre del’architecture, à nier le progrès dont ils avaient été les apôtres, àrejeter cet art sous l’énervante domination romaine. À Byzance même,une fois le premier effort fait pour mettre d’accord la forme avec lastructure, on avait prétendu enrayer, et les esprits les plus éclairés, leschercheurs du mieux, les Nestoriens étaient exilés ; ils allaient loin de lacapitale de l’empire d’Orient jeter les fondements d’un art plus rationnelencore que celui de Byzance , mais en comptant toujours avec le progrèsobtenu, en n’arrachant aucun des jalons déjà plantés.
Les Grecs de la haute antiquité n’avaient pas admis la voûte dansleurs constructions.—Je parledes Grecs de l’Attique.—Mais, après avoirété, pendant plusieurs siècles, les artisans soumis des Romains, ilss’étaient familiarisés avec ce genre de structure, sans toutefois en changersensiblement les principes et la forme; c’était là une matière à laquelleles Romains n’entendaient pas qu’on touchât, la structure romaine étaitaffaire de règlement et les Romains ne considéraient les Grecs quecomme des décorateurs de goût. A Byzance et dans les monuments élevéssous la domination de l’empire d’Orient , une seule innovation avait étéapportée au système des voûtes, les pendentifs. Elle était considérable,il est vrai, et c’était une déduction très-logique du mélange des voûtesen berceau avec les voûtes hémisphériques, déduction qui semble sortir dugénie grec plus libre à Byzance (ju’à Rome mais, quant au plein-cintre,on ne songeait point à l’abandonner : il restait le générateur de l’arc, de
i En effet, il est étrange que les pendentifs, qui sont une conséquence si naturelle de lavoûte hémisphérique et des voûtes en berceau, n’aient été employés dans aucune construc-tion romaine connue avant Sainte-Sophie de Constantinople . 11 faut bien alors mettre cetteinnovation, ou plutôt cette conséquence si logique, sur le compte des artistes grecs de By-zance ,