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Tome premier.
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NEUVIÈME ENTRETIEN. 429

bien est-il d’ordres doriques s’épurant par suite d’améliorations succes-sives jusqu’au Parthénon ? Le nombre en est grand et nous ne lesconnaissons pas tous.

Du grand temple de Sélinonte au Parthénon la gradation est insen-sible, c’est toujours le môme ordre; l’ordre est trouvé, on n’y ajouterien, on n'en retranche rien, et cependant la proportion parfaite n’estobtenue qu’après une suite de perfectionnements introduits en obser-vant une méthode logique, sans déviations, sans incertitudes. De mêmeles débris dispersés de l’école grecque, mêlés de traditions romaines etsoumis à des iniluences asiatiques, sont encore assez entiers, après l’é-tablissement de l’empire d’Orient , après les déchirements intérieurs decet empire, pour apporter dans les œuvres d’architecture auxquelles ilssont appelés à participer ce sentiment délicat et raisonné des proportions.Et remarquons bien ceci, ces arts qui s’élèvent en Orient, en Egypte et dans lesquels nous retrouvons le précieux filon grec, ne rejettent rien,ne rétrogradent pas ; ils prennent ce qui existe et le perfectionnent.

Depuis les derniers temps de l’Empire romain, on avait renoncésouvent au mélange illogique de l’arc et de la plate-bande dans unemême ordonnance d’architecture. Les artistes grecs, encore sous lamain de l’Empire, avaient posé directement l’arc sur la colonne 1 ; mais c’é-tait l’arc romain, l'arc plein-cintre avec ses moulures concentriques. Déjàle sommier de ces arcs, plus large "que le diamètre de la colonne, expli-quait l’évasement du chapiteau en l’utilisant. Mais cet arc plein-cintredevait paraître plat, écrasé, lourd, sur la svelte colonne corinthienne;n’importe, c’était une idée nouvelle alors, appuyée sur un raisonnementjuste. D’ailleurs, les artistes grecs n’avaient pas le loisir de chercher laquintessence des proportions sous des maîtres aussi barbares quemagnifiques. Peut-être ces recherches d’école auraient-elles pu avoirquelque succès sous Adrien, mais sous Dioclétien ce devait être peineperdue. Ces débris de l’école grecque se trouvèrent, après l’avéncmentde l’islamisme, en présence d’autres barbares qui leur laissèrent une plusgrande liberté, parce qu’ils ne manifestaient aucun goût, aucune préfé-rence, en matière d’art; le sentiment grec se reprit d’amour pour larecherche de la forme, pour l’observation fine des proportions; il essayad’associer l’arc à la colonne, il chercha d’autres courbes que celle dupiein-cintrc, et nous voyons que ces tentatives produisirent souvent desordonnances d’architecture d’une singulière beauté de galbe et deproportion.

1 Voyez le Sixième Entretien, %. 9.

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