DIXIEME ENTRETIEN.
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propos de tout, sans jamais les amener à chercher les voies d’une sageéconomie. Ainsi, dans un coin de Paris , l'Etat élève des jeunes gens,des architectes, dont il se déliera énormément dans un autre coin, contreles tendances desquels il se mettra en garde. L’Etat accusera les archi-tectes d’ignorer ce qu’on ne leur enseigne pas dans une école soutenueet protégée par lui, dont il est le maître, et dont il ne juge pas à proposde modifier les tendances, jusqu’à ce jour du moins. Remarquons ce-pendant (pic les bâtiments n’ont jamais ruiné les Etats aux époquesoù l’architecture était en harmonie parfaite avec les moeurs, les besoins,et était soumise aux programmes, à l’emploi judicieux des matériaux,aux nécessités du temps. Les monuments que les Romains élevaient dansles villes provinciales ne les ruinaient pas, mais au contraire contri-buaient à y faire pénétrer la civilisation, à augmenter les idées d’ordre,de richesse et de bien-être. La France n’était pas ruinée à la fin duxm e siècle, pendant lequel elle reconstruisit tous les édifices civils et re-ligieux sur des données entièrement neuves. C’est que ces monumentsreprésentaient alors une idée ou étaient faits pour satisfaire à des besoinssérieux, et les remplissaient exactement. Leur degré de richesse était enraison de leur destination, et il n’était pas possible de prendre un palaispour un hôpital, ou une maison de ville pour un hôtel princier. Lesformes de l’architecture étaient en rapport avec les nécessités du temps.En un mot, l’architecture était alors un art souple, applicable à toutechose, compris de tons, et non point une formule de convention, étran-gère à la société, au temps et aux moyens pratiques. Elle se modifiaitcomme les mœurs, et, libre dans ses expressions, elle n’avait pas en-core subi le régime énervant sous lequel nous la voyons se débattreaujourd’hui.
FIN ne TOME PREMIElî.