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Tome deuxième.
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tonde l'architecte pour imposer au public des formes d’art, qui ne sonten rapport ni avec ses mœurs, ni avec ses besoins, et qui lui coûtentdes sommes fabuleuses ? Quels amers reproches l’avenir ne nousadressera-t-il pas, pour avoir ainsi gaspillé des ressources hors de pro-portion avec les résultats obtenus ? Si les architectes pensent que lepublic restera toujours indifférent à ces questions, qu’il continuera d’igno-rer et de respecter perpétuellement ces prétendus dogmes, derrière les-quels se réfugie le grand art , ils se trompent. Le publie, sur ces ques-tions, comme sur bien d’autres, apportera les lumières de l’examen, et ilse montrera d’autant plus sévère qu’on aura pris plus de peine pour luicacher la vérité. N’a-t-il pas vu déjà ce que lui coûtait cet art, qui nesait ce qu’il veut et où il va, qui prend pour guide les fantaisies dequelques artistes? N’a-t-il pas vu, malgré les toiles et les cloisons deplanches, que des portions entières d’édifices étaient changées sans qu’ilfût possible de dire pourquoi, qu’une seconde forme était substituée à lapremière? Or, je le demande, si ces premières formes eussent été le pro-duit étudié et sérieux des conditions imposées à toute construction ration-nelle, eût—il été opportun de les modifier? Admettant même que leurapparence n’eût pas été satisfaisante, l’artiste n’avait-il pas alors debonnes raisons à donner pour les maintenir? Niais quand la fantaisie, lecaprice, ont suscité une forme d’art, et qu’on vient nous dire que celteforme est laide, ou trop riche, ou trop pauvre, quels motifs invoquerez-vous pour la conserver? Ainsi, cet art irraisonné, capricieux, est-il à ladiscrétion du premier venu ; ignorant ou homme de goût, chacun peutle vouloir modifier suivant son impression du moment; ne reposant [dussur des principes positifs, sur l’observation rigoureuse des besoins, desprogrammes et des moyens matériels à employer, il ne saurait pos-séder les privilèges attribués à l’art, il tombe dans la catégorie desobjets de luxe, des bibelots que l’on achète ou dont on se défait, suivantla mode du jour, et dont la valeur est toute de convention.

Dès l’instant que le public voit apparaître le fer dans un monument,comme moyen principal de structure, il est tout d’abord disposé à com-parer cette structure à celles employées dans les gares de chemin de fer,dans les marchés ou les usines. Est-ce en dissimulant ces matériaux,comme plusieurs d’entre nous ont essayé de le faire, que l’on doitdétourner cette critique? .le ne le pense pas, mais au contraire en accu-sant franchement la véritable fonction propre à cette matière. Avouonsque les tentatives faites en ce genre, depuis peu, sont timides, et n’osents’affranchir de certaines formes consacrées, qui n’ont (dus rien àvoir avec les nouveaux éléments dont nous disposons.