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ENTRETIENS SE II l’aRCHITECTERE.
rigoureusement des soubassements aux voûtes, que la manière dont lalumière extérieure est répartie ajoute encore à l’effet, en le complétant,en donnant sur toutes ces surfaces, composées de matières analogues, etpossédant des qualités colorantes semblables, îles jours frisants, dontl’intensité est égale à cause même de la similitude des matériaux sur les-quels ils viennent frapper. On sait qu’à Sainte-Sophie , la grande calottecentrale, aussi bien (pie les voûtes absidales, sont percées, à leur base,d’une série de fenêtres assez rapprochées, de telle sorte que ces voûtessemblent des voiles attachées sur quelques points et gonflées par le vent.Indépendamment de l’effet que produit ce mode de structure, ces jourspercés à la base des voûtes ont encore l’avantage d’éclairer une couched’air sous l’intrados des coupoles. Celte nappe d’atmosphère, ainsi éclai-rée, interpose une gaze lumineuse entre l’œil du spectateur et les mo-saïques supérieures, (pii, sans cette sorte de glacis, paraîtraient dures ettrop vives. Ces mosaïques, au contraire, prennent ainsi un ton transpa-rent qui les élève et les allégit. Ici encore apparaît le génie du Grec, quine manque jamais dans la décoration architectonique de se servir de lalumière pour combiner ses effets.
On regarderait aujourd’hui, probablement, ces recherches comme desrêves; et, si un architecte parlait de la disposition des jours comme pou-vant exercer, sur l’effet intérieur d’un vaisseau, une influence de gran-deur, de calme, de recueillement ou de gaieté, on le pourrait bien consi-dérer comme un pensionnaire de Charenton . Il ne serait guère mieuxvenu de présenter des projets dans lesquels il aurait tenu compte deseffets que la perspective devra produire lors de l’exécution. C’est faireintervenir le raisonnement dans les conceptions décoratives, et aux yeuxd’une certaine école, cette intervention n’est pas saine.
Quand, cependant, il s’agit de la décoration extérieure et intérieure desédifices, il semble — et cela a paru évident à bien d’autres artistes avantiinus — que la lumière, la perspective, par conséquent l’orientation, et leplus ou moins de reculée du spectateur, doivent être prises en considéra-tion par l’architecte. En s’aidant de ces deux phénomènes,—dont on n’estpas le maître de se passer,— la lumière et la perspective, on peut, avec unedose de sens commun, épargner quelques millions et produire certainseffets en toute assurance. Mais l'architecte se contente, le plus souvent,des effets satisfaisants... sur le papier; le premier, il est fort surprisquand, à l’exécution, ses dessins séduisants ne produisent qu’un médiocreeffet, .le dis qu’on peut éviter des dépenses inutiles si l’on se rend uncompte exact des effets de la perspective et de la lumière sur les édifices,et j’ajoute que plus on sait s’abstenir de ces dépenses superllues et plus