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Tome deuxième.
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ENTRETIENS SUH L VliCIllTECTUKE.

tistc sculpteur un simple exécutant, un tailleur d’images dont il donneraitla composition? C’est déjà beaucoup, — et les statuaires ne se l'ont pasfaute de s’en plaindre, — que l’architecte ait le privilège de désignertelle place, de tracer tel cadre, d’imposer telles saillies ou telles échelles!La statuaire n’est—elle pas un art dont la noblesse égale au moins cellede l'architecture? Pourquoi voudriez-vous que le premier lut soumis ausecond ? Pareil abus a pu exister dans des temps de barbarie qui sont loinde nous, alors que le nom d’artiste n’existait même pas, et que les plushautes positions dans les arts n’étaient occupées que par des artisans...Je sais, comme tout le monde, ce qu’on peut dire sur ce sujet; le nomne lait rien à l’affaire, et l’artisan qui a sculpté certaines statues delteims ou de Chartres vaut, à mon sens, beaucoup de nos artistes pré-sents. Était-il aussi indépendant, libre dans l’expression de son talent? Onpeut le croire; seulement il 11e s’efforçait pas de détonner dans le con-cert où il était appelé, et ne pensait pas que son mérite pût être rehaussépar l'effacement de ce qui l’entourait.

Il ne faudrait pas supposer que l’on veuille ici diminuer en rien lavaleur réelle de nos artistes statuaires, car la somme de talent repré-sentée par leurs œuvres est très-considérable. Peu d’époques d’art, dansles temps modernes, ont fourni un aussi grand nombre de très-bonsouvrages, et l’on peut dire, si l’on n’est pas aveugle, que cet art de lastatuaire s’est élevé, depuis le commencement du siècle, à un niveausupérieur, mais, en s’élevant, il faut reconnaître qu’il se brouille de plusen plus avec sa sœur l’architecture, à ce point que l’on peut prévoir letemps très-proche où ils ne pourront vivre côte à côte. Quelle est la causede ce défaut d’harmonie? C’est ce qu’il importe de rechercher.

Chez les peuples où les arts . ’ .es étaient soumis à un mode hiéra-tique, comme en Egypte , par exemple, ces arts ne se mouvaient quedans certaines limites étroites qu’il leur était interdit de franchir. L’har-monie établie entre leurs rapports ne pouvait être détruite par l’initiatived’un homme de génie. Les fonctions, dirai-je, de l’architecture, de lasculpture et de la peinture, définies tout d’abord, s’exerçaient sous unesorte de contrôle archaïque sévère, et celte harmonie préétablie était tellequ’il est difficile de dire, en voyant un monument égyptien de la belleépoque, où commencent et où Unissent les expressions de ces trois artssi intimement associés. Comment, sous quels efforts de génie, s’était éta-blie primitivement celte association intime? C’est ce que je n’essayeraipas d’expliquer; bornons-nous à prendre le fait tel qu’il se présente.Scs conséquences sont telles pour l’observateur le plus vulgaire que lesmonuments d’Ëgyple, non-seulement sc distinguent entre tous, mais