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ENTRETIENS Sl'li E ARCHITECTURE.
Autrefois et jusqu’au xvn e siècle, les fenêtres étaient très-étroites, ou,si elles étaient larges, divisées par un meneau lixe. Les vantaux de croi-sée n’étaient alors qu’à un battant avec volets intérieurs pour eliaque com-partiment : cela était rationnel ; la croisée de bois n’était qu’un châssisvitré battant en feuillure et dont les montants portaient leurs volets. Maislorsqu’à la fin du xvé siècle on prétendit percer, dans les murs de lacedes maisons et palais, de larges et liantes baies dépourvues de meneauxfixes, on établit des croisées à deux vantaux avec système de fermetureétabli sur les battements du milieu. Puis on adapta à l’intérieur des voletsindépendants des châssis vitrés; puis, pour sc préserver de l’ardeur dusoleil, on plaça des jalousies extérieures importées d’Espagne et d’Italie ;puis enfin des persicnnes se développant en dehors sur les parements.Les fenêtres à chambranles ne s’accordaient nullement avec ce système defermeture, mais pas un architecte ne songea à modifier la forme classiquepour l’approprier aux fermetures nouvelles. La maçonnerie achevée, onperçait des trous de scellement dans ces chambranles, [tour suspendreles persicnnes, cl l’on attachait les donnants des croisées tant bien quemal, avec des pattes. Tout cela est barbare, ne résulte que d’une suitede tâtonnements et d’expédients ; ce n’est ni étudié ni commandé. Il fauten venir à combiner la haie en raison de la fermeture, (l’est le moyen defermeture qui doit commander la haie et non celle-ci la fermeture. Cher-chons donc cl cessons de recourir à des expédients. Tâchons surtout deprocéder avec méthode et suivant la logique, si nous voulons inaugurerune architecture de notre siècle. Tâchons d’oublier un peu des formestraditionnelles qui ne peuvent se concilier avec nos besoins. Si du premiercoup nous ne trouvons pas l’apparence satisfaisante pour l’œil, soyonsassurés que le besoin étant complètement contenté, celle forme se pro-duira naturellement.
Je disais que pour les fenêtres percées à rez-de-chaussée, le systèmede fermeture par superposition de lames de tôle, analogue à celui employépour nos boutiques, serait, suivant la dernière expression du programmeimposé, au moins très-satisfaisant, en ce qu’il serait sûr et n'obligerait pasd'ouvrir les croisées pour clore la baie. Mais il faudrait, pour que ce sys-tème fût complet, que la fermeture vitrée et la fermeture de sûreté fussentsolidaires et pussent être posées dans l’ouverture tout d’une pièce et pen-dant la construction même, si bon semble. Or, nos usines peuvent aujour-d’hui fournir tous les fers nécessaires, et si quelques architectes commen-çaient à adopter un système passablement complet, ces usines auraientbientôt fait de s’outiller pour livrer à bon marché, aux entreprises, lespièces nécessaires.