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Tome deuxième.
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VINGTIEME ENTIiETlEN.

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Ou a vu, sous le dernier Empire, le préfet de la Seine organiser unservice des architectes de la ville de Paris , préjudiciable aux travaux etaux finances de la cité aussi bien qu’aux intérêts et à la dignité des archi-tectes. L’illustre préfet de la Seine d’alors avait un faible pour la régle-mentation. Il disait à qui le voulait écouter: « L'architecture n’est autrechose que l’administration... » Que lui, tout occupé de soins si divers,était autant architecte que vous et moi, et qu’il n’admettait pas celte pré-tention des architectes, de croire, s’ils élevaient un monument, qu’ilscréaient une œuvre personnelle; que Yédifice était l’œuvre de tous et parti-culièrement de celui qui le commandait et le payait. Cette manière de voir,fort innocente chez le bourgeois qui fait bâtir un pavillon à Asnières pourluiet sa famille, a eu de funestes effets sur l’architecture de notre temps, etentraîna certainement le préfet de la Seine plus loin qu’il n’eût voulualler. Le service d’architecture de la ville de Paris fut donc réglé à peuprès comme le sont les cadres de l’armée. Il y avait un maréchal, desgénéraux de division et de brigade, des colonels, commandants, majorset capitaines. Aujourd’hui, vous, général À..., vous commandez tellebrigade; je veux dire, vous bâtissez tel édifice. Les convenances adminis-tratives, ou simplement le besoin de manifester l’aulorilé, vous appellentailleurs; vous laissez là votre brigade, je veux dire, le monument que

vous avez commencé, et le général B... est appelé pour l’achever.

Qu’une tête administrative conçoive ainsi les choses, rien de plus naturel ;mais que celle tête trouve des architectes pour se prêter à ce singulierprocédé constructif ', voilà qui est plus étrange, car que devient alors laresponsabilité de l’artiste et même la responsabilité légale? Qui l’endosse?Celui qui commence ou celui qui termine ?

Le préfet de la Seine dont il est question avait l’intelligence vrai-ment haute et appréciait assez exactement les choses : au moment où cetteinspiration administrative lui est venue, si un homme de sens, de cœur,de talent et indépendant par nature lui eût fait entrevoir les côtés fâcheuxde ce système, il eût admis ses raisons et s’y fût rendu.... Personne n’adit mot. Cet homme ne s’est pas rencontré; tous, malcontenls certes, sesont soumis à cette prodigieuse réglementation ; et cependant le directeurdu service d’architecture au département de la Seine choisissait scrupu-leusement ses aides et employés — car on ne peut donner à ces embri-gadés le nom d’architectes — parmi les lauréats de l’école des Beaux-Arts, où l’on n’enseigne guère l’administration, mais où l’on lient grandcompte de la soumission à l’autorité académique.

Si cette réglementation était peu favorable à l’initiative et au développe-ment des talents originaux, si elle ne s’accordait guère avec l’indépcn-