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Tome premier.
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ner, enthousiasmer l’indigène, et le faire sortir de cetleapathie dans laquelle s’endorment volontiers les habi-tants des contrées qui jouissent d’un certain bien-êtreprésent, en attendant qu’ils soient réveillés par le bruitdes succès d’un voisin plus alerte.

Les peuples ont besoin d’être croisés, pour ainsi dire,avec des voyageurs intelligents qui les secouent et lesentraînent. Ce sont les 60,000 aventuriers que l'Améri-que reçoit annuellement depuis cinquante ans, qui ontinoculé aux États-Unis cet esprit entreprenant dont onne peut se dispenser d’admirer les résultats.

Laissez donc les inventeurs étrangers nous apporterees nombreuses industries qui nous manquent; donnez-leur des brevets pour les cinquante espèces de lampes,plus ingénieuses les unes que les autres, qui entretien-draient des fabriques de bronze, des ferblantiers, desmouleurs, des graveurs et des estampeurs, par milliers,et qui nous épargneraient la sortie d’un demi-million de ,ce chef seulement.

Donnez-leur des brevets pour l’horlogerie, dont noustirons pour 860,000 francs de la France ; donnez-leurdes brevets pour toutes ces cafetières, pipes et taba-tières, ces pommades et savons, et pour toute cette fa-mille de seringues, clysoirs, clyso-pompes, clysobo-les, etc., qui ne se fabriquent pas chez nous et qui nouscoûtent près de 700,000 francs par an. Donnez-leurenfin des brevets pour tous ces petits riens en cuir, enivoire, en corne, en paille, en écaille, en nacre, enjonc, en ambre, en corail, en fausses bijouteries et enbimbeloteries, qui nous soutirent des millions et quenous pourrions fabriquer ici plus économiquement avecles matériaux et les ouvriers du pays.