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(rue rte Ghaillot, n” SS), qui présentait une foule d’objetsles plus divers, les plus disparates, coulés en fonte etrendus aussi malléables que le meilleur fer battu.M. Barré prétend même que son métal peut se soudercomme le fer et se tremper comme l’acier : deux chosesqui n’ont rien d’entièrement incompatible, puisque lafonte décarburée, «à un certain point, n’est autre chosequ’un acier lâche et mou, lequel se trempe et se soudepassablement bien ; c’est faute d’avoir présenté la choseainsi que M. Barré a trouvé plus d’un sceptique, mêmeparmi les membres du jury.
La décarburation de la fonte, indiquée par Réaumur,est pratiquée depuis bientôt quinze ans en Angleterre etdepuis au moins dix ans à Liège - mais on n’a opéré jus-qu’ici que sur des objets minimes de quincaillerie, parceque plus les pièces sont épaisses, plus il faut de tempspour en dissiper le carbone.
Le major Frédérïx est le premier qui introduisit leprocédé de la fonte malléable en Belgique ; il y avait étéamené par la lecture d’un ouvrage allemand du colonelBreihaupt. Voici comment il opéra : il mit les objets enfonte dans une caisse renfermant de la limaille fortementoxydée ; puis il exposa le tout pendant quelque temps àune température très-élevéeet laissa refroidir lentement.Cette opération fait passer la surface extérieure à l’étatde fer ordinaire ; on enlève cette couche, et la suivanteest de l’acier; on la taille et l’on peut en faire des limes :le centre reste à l’état de fonte.
Le major, voyant que la limaille oxydée n’opérait qu’àla surface, eut l’idée d’y substituer la mine rouge de laprovince de Namur, avec laquelle il a réussi à adoucirla fonte, même pour des objets assez épais.