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Tome second.
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cap de Bonne-Espérance, on ne connaissait guère enEurope le sucre qu’à l’état de sucre candi. C’était unemarchandise rare et chère; mais par suite de la décou-verte de ce passage, on vit déboucher par la voie demer la moscouade et l’on cessa de la tirer à grands fraisdelà Moscovie; puis on imagina d’importer des boutu-res de cannes pour les planter et les cultiver en Sicile et sur les cotes méridionales de l’Espagne , où il en resteencore quelques exploitations près de la Ronda et deMalaca . De là, la culture de la canne fut importée auxîles Madère et aux Canaries . C’est de ces dernières îlesque la canne passa à Saint-Domingue vers 1495, etdès 1500 on comptait déjà plus de cinquante sucreriesdans cette île.

L’état impur des sucres venus de l’Inde en Europe titbientôtsentir la nécessité du raffinage ; ce fut à Venise que cette industrie prit naissance et qu’elle y fut long-temps pratiquée sans concurrence. En imitation de ce quise faisait dans l’Inde , les Vénitiens adoptèrent le pro-cédé du terrage, et portèrent rapidement l’art du raffi-neur à un grand degré de perfectionnement. Ce sonteux qui ont aussi introduit l’emploi de la chaux, ma-tière indispensable au raffinage avant la découverte despropriétés du noir animal. On peut dire que, jusqu’aucommencement du xix° siècle, l’art du raffineur étaitresté ce que les Vénitiens l’avaient fait.

L’art du sucrier, transporté en Amérique , et mis en-tre les mains de riches propriétaires, ne resta pas dansl’état misérable où il était dans l’Inde . Il acquit rapide-ment un grand degré de perfectionnement relatif. Auxmisérables moulins de bois on substitua des moulinscomposés de deux cylindres en fonte, placés d’abord