éprouver d’autre désappointement, nous la jetâmesdans un coin de notre atelier, où elle s’oxydait depuisplusieurs années, quand un de nos amis l’ayant aper-çue, nous proposa d’accomplir ce reste de travail ; ils’en acquitta passablement. Ce n’était pas tout, il fallaittrouver un imprimeur typographe pour en tirer uneépreuve; mais il y a dix ans, pas un seul imprimeur deBruxelles n’était capable d’imprimer un cliché fini : cene fut donc que quatre ans plus tard que M. Ode parvintà nous donner une empreinte convenable de notreplanche qui s’était oxydée autant que notre ardeur.Qu’on nous pardonne celte digression, c’est de l’his-toire et c’est une leçon.
Nous ne doutons pas que ce procédé ne soit employémaintenant pour certains magasins pittoresques de Paris et de Londres .
Quels avantages il aurait cependant sur la gravure enbois, par les grandes dimensions que l’on pourrait don-ner aux planches !
Voici l’aperçu d’une entreprise que nous voulionsexécuter et dont un autre pourra profiter : il s’agissaitde dessiner et de graver de la sorte un des beaux Christsde Vandyck ; de couvrir un rouleau de bois avec la plan-che de cuivre ployée sur la circonférence, de l’encreravec un autre cylindre jumeau, et de l’imprimer sur unpapier continu; on peut compter sur cinquante milleépreuves par jour, à 10 centimes, qui seraient payéspar tous les paysans de la chrétienté ; il ne faudrait pasdeux opérations de ce genre pour faire une immensefortune, avec une mise de fonds très-minime. Une gra-vure de ce genre s’imprimera d’autant mieux, qu’ellesera plus généralement couverte de tailles pressées,sans espaces entièrement blancs.