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Tome second.
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licilc quelquefois, mais jamais impossible, et nous nousétonnons qu’elle soit si rare et si facilement reconnue :c’est qu’elle n’est ordinairement tentée que par des indi-vidus que leur ignorance et leur maladresse ont con-duits au dernier échelon de la misère et de l’abrutisse-ment.

Le tribunal nous appela naguère pour expertiserquelques centaines de billets du trésor de Prusse, saisischez un changeur ; ils étaient si grossièrement lithogra-phiés qu’ils n’ont pu faire beaucoup de dupes, le cadremême était plus grand de 3 millimètres, et le corps dubillet se composait de deux papiers appliqués l’un surl’autre; jugez du reste.

On vient de saisir à Paris des contrefaçons du timbrefrançais . Cela est si peu difficile à imiter que les litho-graphes, obligés d’imprimer sur du papier timbré, ontbeaucoup de peine à n’ètrc pas contrefacteurs malgréeux, car à chaque coup de presse le timbre s’attache delui-même à la pierre.

Le bruit qu’a fait dans les journaux la contrefaçondes billets de Prusse a engendré les contrefacteurs deMaestricht , comme le retentissement que l’on donne auxcrimes et aux suicides en engendre d’autres. Mingratengendra Siffried, Siffried engendra Molitor qui engen-dra Contrafatto, qui engendra Delacollonge, etc. Il enest de même pour les assassins de rois auxquels on faitles honneurs de la chambre des pairs .

Une semence jetée au vent tombe toujours quelquepart et se multiplie.

Si les traits de vertu étaient répandus par la presseavec autant d’empressement que les traits de scéléra-tesse, les bonnes actions seraient moins rares.