fond pendant que vous avez les pieds gelés; mais onveut voir le feu, le feu égaye ; cette œuvre de destruc-tion est, dit-on, l’image de la vie, absolument commeune révolution est l’image d’un progrès; tant pis pourles bûches ! ! ! *
C’est pour satisfaire à cette manie de voir le feu quedes poèliers parisiens ont imité avec des paillons d’ori-peaux, des foyers ardents qui ne brûlent pas. D’autresont proposé un feu de Bengale ou des flammes en pein-ture ; mais les petites-maîtresses ne s’y sont pas laisséprendre ; ces feux-là ne leur faisaient pas mal aux yeuxcomme le vrai feu de Proinéthée. Mais enfin, nous avonstrouvé le moyen de satisfaire à ce besoin de se grillerles yeux, enraciné comme celui de se brûler les en-trailles chez les vieux buveurs.
Nous faisons un feu ouvert, mais nous l’enfermonsdans une devanture en verre placée entre deux toilesmétalliques; le foyer est alimenté d’air, puisé à l’exté-rieur; on profite ainsi du calorique rayonnant et l’onest délivré des courants froids et des écrans.
II est vrai qu’on ne peut tisonner avec notre foyer,attendu qu’il n’a qu’une petite porte pour l'entretenir ,et qu’il faut refermer après.
C’est pourtant là tout ce que nous avons pu faire demieux pour plaire à ces vieux enfants gâtés qui veulentavoir deux choses incompatibles, la chaleur d’un poêlefermé et la vue d’un foyer ouvert; but unique qui paraitavoir déterminé les efforts des caminologistes parisienstels que les Desarnod, les Chaussenot, les Harel, les Bron-zac, les Millet, les Petit, les Jacquinet, etc., les uns avecdes foyers mobiles qui avancent de quelques poucesdans l'appartement, les autres avec des foyers tournants