par la Belgique , et après avoir gagné plusieurs procès, et nous êtreaperçu que non-seulement il ne nous rentrait rien, mais qu’il fallaitencore y mettre du nôtre , nous avons pris le parti de laisser les an-ciens détenteurs en possession, ne trouvant aucun profit à dépouillerdes libraires pauvres pour enrichir de pauvres avocats.
Parmi les nombreux conseils fondés sur l’expérience, que nous avonsété assez heureux de pouvoir donner à nos lecteurs, le suivant ne leursera pas le moins utile :
« Qui que vous soyez, industriels, commerçants ou rentiers, noblesou roturiers, persuadez-vous bien qu’il ne faut jamais plaider pourune somme au-dessous de 1,500 fr.; car cent procès pareils gagnés vousferaient perdre le peu de temps, d’argent et d’esprit qui vous reste ;ajoutez à cela qu’il y a toujours deux chances contre une en faveur decelui qui a tort; ceci serait trop long à vous expliquer; mais attendezpour faire des procès que vous soyez millionnaire, ou que la justice serende à pile ou face. Tâchez surtout de retenir la petite fable qui suit,et de l’expliquer ù vos enfants.
LA JUSTICE ET LE BUISSON.
Au loup! au loup! s’écriait un mouton :
Viens dans mon sein, lui répond un buisson ;Sous mon égide protectriceTu pourras braver sa malice !
Et le pauvret de s’y blottir...
Le danger passe, il veut sortir;
Mais chaque épine arrache un flocon de sa laine,i Le tond, l’écorche et lui permet à peineDe s’échapper vivantDe ce piège sanglant.
Pauvre plaideur, cette histoire est la tienne,Comme elle fut la mienne!
Et la justice est le buisson :
N’oublions pas celte leçon !