analyse raisonnée et scientifique les objets immenses, en nombre cl endiversité, entassés dans le palais des Champs-Elysées , et fruits de l’in-dustrie de toute la France ...
II s’es! trouvé que M. Jobard était tout justement fait pour accomplircette importante mission. Le choix n’était pas difficile, puisque M. Jo-bard était peut-être le seul de son espèce; mais c’est beaucoup d’avoirla main heureuse, et d’avoir dit sans hésiter : Voilà l’homme qui meconvient, parce qu’il convient à la chose.
Indépendamment de ses connaissances en toute matière technologi-que, connaissances dont il a accumulé les preuves dans son livre,M. Jobard est essentiellement un de ces écrivains nommés vulgarisa-teurs, qui font descendre la science des hauteurs où le public ne peutaller la chercher, pour la mettre à la portée de tout le monde; raresécrivains qui rendent de grands services aux inventeurs ainsi qu’aupublic. Le style enjoué, scintillant et quelquefois goguenard de l’au-teur du rapport, loin de nuire à la science, lui profite au contraire puis-qu’il sert à la faire mieux comprendre.
Le conte fait passer le précepte avec lui.
L’espritde M. Jobard est taillé en pointe pour pénétrer plus aisémentdans les intelligences. On se plaît, on se délecte à la lecture de son rap-port comme à la lecture d’un roman, et nous ué savons quel ouvragelittéraire nous a plus attaché que cette narration technologique de l’ex-position de 1839. On a donné à M. Jobard le nom de Rabelais île l’in-dustrie, et maintenant ce nom ne nous semble pas usurpé.
Nous avons dit il y a quelques jours que nous parlerions de la pre-mière partie du rapport sur l 'exposition française de 1839, publié parM. Jobard : nous venons tenir notre promesse.
On s'aperçoit, dès les premières pages de ce livre, que son auteur asu faire autre chose qu’une aride statistique, une revue superficielle,une technologie obscure ou une creuse divagation. C’est l’œuvre d’unhomme de science et d’esprit (l’un ne gâte pas l’autre ), qui place lapensée à côté du fait, et fort souvent le progrès à la suite de la pensée.Rien de pédantesque dans cette analyse, comme rien de vide dans cesraisonnements. C’est là le double caractère qui assigne une place àpart à celte publication. Son utilité, est incontestable, et son attrait ne