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Chimie / A. Bouchardat
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548 CHIMIE.

qui demande de nouvelles recherches. M. Gay-Lussac , auquel estdue cette observation fondamentale de la nécessité de l'interven-tion du gaz oxygène sur le mortt de raisin, a vu quune seulebulle de gaz oxygène suffisait pour déterminer la fermentation , etquelle prenait son développement normal sans une nouvelle in-tervention doxygène. Or, cette faible proportion doxygène estévidemment insuffisante pour modifier toutes les substancesprotéiques du mont de raisin et pour les transformer en ferment ;il faut donc penser que le reste de loxygène est fourni dune autremanière, inexpliquée jusquici, et que laction étant commencéepar laction directe de loxygène continue par une interventionindirecte.

Jai dit il y a un instant quune des conditions premières du dé-veloppement des globules de ferment, cétait la formation préa-lable dune matière organique insoluble ; je vais décrire uneexpérience qui prouve la réalité de cette explication, et qui mon-tre aussi combien on est peu fondé à admettre lexistence préa-lable des germes de ferment dans les liqueurs fermentescibles.

Je fis dissoudre un kilogramme de sucre et quatre blancs dœufsdans quatre litres contenant 1 / 1000 e dacide chlorhydrique. Lesliqueurs furent filtrées avec le plus grand soin et divisées en deuxflacons égaux, bouchés à lémeri. Je najoutai rien dans le premier,et, après deux mois, la température, variant de 15 à 20°, la fermen-tation alcoolique ne sétait point déclarée. Dans le second flacon,jajoutai une dissolution également bien limpide de 10 grammes detannin dans 100 grammes deau. Il se forma aussitôt un précipitéabondant, qui, après quarante-huit heures dexposition à une tem-pérature de 25°, se trouva transformé en partie en globules de1 /400 e de milli., se comportant absolument avec leau de sucrecomme le ferment de la lie.

Ainsi, dans cette expérience, cest le tannin qui, en précipitantlalbumine, a déterminé, sous linfluence de leau de sucre etdune température de 25°, sa transformation si rapide en globu-les de ferment.

Nous allons actuellement aborder une question dont la solutionparaît simple au premier abord, mais qui nen est pas moins fortdifficile à résoudre avec netteté. Les globules de ferment peuvent-ils se reproduire? Quand on examine, comme la fait M. Turpin,ce qui se passe dans la cuve du brasseur, lon ajoute 1 de fer-ment et on en recueille 7, il semble quon ne peut répondreautrement que par laffirmative. Quand, dune autre part, on re-marque ces bourgeons additionnels qui se développent sur le côte