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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
des extrémités duquel est placé Lun des grands escaliers, qui conduisentsous les portiques du premier étage. L’autre extrémité de la cour est oc-cupée par la chapelle. Sur l’une et l’autre face latérale, s’étendent des por-tiques semblables à celui de l’entrée, mais moins profonds, parce qu’ilsn’ont pas à desservir une circulation aussi importante. Ils donnent accèsdans les différentes salles des cours. Ces salles sont éclairées sous le por-tique, et le sont encore sur la paroi opposée. La même disposition se retrouveà l’étage supérieur. La cour a 20 mètres de largeur sur 40 mètres de lon-gueur. A l’exception de la chapelle, qui est plus élevée, les bâtiments qui l’en-tourent ont sa largeur en hauteur. Ce remarquable édifice est dû à G. DéliaPorta ; il a malheureusement été retouché par le Borromini .
Les portiques ne peuvent rendre les mêmes services dans notre climat, où,pendant la majeure partie de l’année, les communications intérieures doiventêtre mises complètement à l’abri des intempéries de l’atmosphère; ils don-neraient souvent trop de froid aux salles qu’ils mettraient en relation. Auxdébuts de la Renaissance, lorsque l’Italie paraissait appelée à nous dicter deslois en matière d’art, il a été fait quelques importations de ce genre, ainsi qu’onle voit à l’hôtel de ville de Paris, à Fontainebleau et dans plusieurs habi-tations de l’époque; mais on en a bien vite reconnu les inconvénients, etl’on peut dire que l’architecture française repousse les cours entourées de por-tiques, ou du moins ne les admet que dans des circonstances exception-nelles. Mieux valent à ses yeux des galeries largement éclairées, qu’on peutouvrir et fermer à volonté. Soüs ce rapport, nos cours sont inférieures àcelles des palais d’Italie ; mais nous en avons que recommandent d’autresmérites, et qui soutiennent victorieusement la comparaison. Citons surtout cesgrandes cours, entièrement ouvertes sur un de leurs côtés, et divisées enplusieurs parties dont les largeurs diminuent à mesure qu’on s’avance, demanière à offrir l’image d’une série de cours se succédant suivant une habilegradation.
Le château de Versailles présente le type le plus complet et le plus beau decette heureuse disposition, dont on ne trouve aucun exemple en Italie , etqui a été imaginée par nos architectes du xvii' siècle. Une première cour estséparée, par une grille riche et monumentale, de la grande place qui précèdel’entrée du château (pl. -15, fig. 1), et ses faces latérales sont occupées par lesbâtiments des ministres; à son extrémité, une seconde cour, moins large,