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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
les mérites. Elles sont nombreuses en Italie , où elles offrent de précieusesretraites pendant les ardeurs de l’été.
Elles portaient, chez les Romains , le nom de Nymphées, d’après celui desdivinités auxquelles on les avait consacrées dans le principe, et c’est dansl’une d’elles que Numa allait consulter la nymphe Égérie. Mais le nom seulleur resta sous l’empire, et, changeant de caractère, elles devinrent deslieux de plaisir, quelquefois même le théâtre de honteuses débauchés. Lafigure 6 de la planche 48 représente le plan d’une de ces grottes de l’an-tiquité, Cet édifice, qui est situé dans la campagne de Rome , consiste en unegrande salle en partie souterraine, adossée à une colline, voûtée en berceau etdécorée de niches. L’eau sortait de la niche du fond. La salle était dallée etrevêtue en marbre. Les ruines de ce monument sont extrêmement pitto-resques, et l’on y trouve encore la fraîcheur qu’on y allait chercher autrefois.On leur a donné, mais à tort, le nom de grotte de la nymphe Égérie.
Le plan, fig. 7, est celui d’une des grottes construites par Vignole dansle parc du magnifique château de Caprarola .
Ces dispositions pourraient être reproduites, plus ou moins modifiées,dans nos grandes villes. Elles offriraient des lieux d’abri et de repos pour lespassants et pour les personnes qui vont puiser l’eau dans les fontainespubliques. Un essai, peut-être un peu timide, fait il y a quelques années dansla rue de la Roquette, devrait engager, ce semble, à entrer dans cettevoie.
Il est enfin un charmant motif de décoration de fontaines, qui convientégalement en toutes circonstances, et qu’on néglige beaucoup trop : nous vou-lons parler des plantations. Les arbustes et les fleurs se marient si bienavec l’eau, en rappellent si gracieusement les bienfaits, et font en même tempssi bien ressortir les œuvres d’art qu’ils accompagnent, qu’on s’étonne de voirquelques-unes de nos villes du Midi conserver le privilège exclusif de cetteheureuse association.