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Deuxième partie.
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ÉGLISES.

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et à l’ampleur de son ornementation. C’est un témoignage frappant desimmenses progrès de l’architecture dans le cours du onzième siècle. L’art,qui faisait défaut à Saint-Front, abonde ici dans les divisions principales, aussibien que dans les moindres détails, et il a résolu un problème dont n’avaienteu à se préoccuper ni les architectes de Sainte-Sophie , ni ceux de Saint-Marc : celui d’orner convenablement les vastes surfaces d’une constructionbyzantine, sans recourir à la mosaïque ou à la peinture. La mosaïque était àpeu près inconnue en France au xn e siècle, et la peinture pouvait paraîtretrop éphémère pour qu’on voulût lui confier un office aussi important. Leseul parti à prendre, et il a été adopté, consistait à introduire des divisionsrationnelles dans les surfaces dont il fallait masquer la nudité. Des colonnesont été appliquées contre les piliers, des arcs doubleaux ont introduit dumouvement dans les voûtes, de riches arcatures ont couvert les murs, et lescolonnes se sont étendues jusqu’aux jambages des fenêtres. Sans doute il ya loin de là à la richesse des édifices de l’Orient, mais par contre la dé-coration se rattache davantage au fond, est plus monumentale, se trouve plusintimement liée à la construction proprement dite, et a quelque chose de plussatisfaisant pour l’esprit.

Les proportions des colonnes doivent être remarquées. Elles sortent com-plètement de celles de l’antiquité et de tous les édifices qui viennent d’êtrepassés en revue, abstraction faite de ceux des Lombards; elles sont beau-coup plus élancées, et n’appartiennent point à l’art byzantin : c’est à l’ar-chitecture désignée sous le nom d’architecture romane qu’elles ont été em-pruntées.

Quant à la sculpture, elle est riche, variée, précise et abondante, et ellene reproduit aucune des formes de l’art romain, ainsi qu’on peut en jugerà l’inspection des figures 5, 4, 5 et 6 de la planche 33, qui représententdifférents chapiteaux de l’intérieur du monument. D’où provient-elle? a-t-elle spontanément pris naissance sur notre territoire? ne porte-t-elle pas,comme la construction elle-même, le témoignage d’une influence étrangère?Ces questions, nous devons les réserver pour le moment où nous parleronsde l’art roman. Nous venons de le trouver s’associant à l’architecture byzan-tine; il faut maintenant revenir sur nos pas pour remonter à son principe.