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TRAITÉ D’ARCHITECTURE.
choix de l’emplacement des diverses tombes royales : chacun a fait creuser lasienne sur le point où il croyait rencontrer une veine de pierre convenableà sa sépulture et à l’immensité de l’excavation projetée. Il est difficile de sedéfendre d’une certaine surprise lorsque , après avoir passé sous une porteassez simple, on entre dans de grandes galeries ou corridors couverts desculptures parfaitement soignées, conservant en grande partie l’éclat des plusvives couleurs, et conduisant successivement à des salles soutenues par despiliers encore plus riches de décorations, jusqu’à ce qu’on arrive enfin à lasalle principale, celle que les Égyptiens nommaient la Salle dorée, plus vasteque toutes les autres, et au milieu de laquelle reposait la momie du roi,dans un énorme sarcophage de granité. Les plans de ces tombeaux, publiéspar la commission d’Égypte , donnent une idée exacte de l’étendue de cesexcavations et du travail immense qu’elles ont coûté pour les exécuter au picet au ciseau. Les vallées sont presque toutes encombrées de collines forméespar les petits éclats de pierre provenant des effrayants travaux exécutés dansle sein de la montagne.
» Je ne puis tracer ici une description détaillée de ces tombeaux; plusieursmois m’ont à peine suffi pour rédiger une notice un peu détaillée des innom-brables bas-reliefs qu’ils renferment et pour copier les inscriptions les plusintéressantes. Je donnerai cependant une idée générale de ces monuments parla description rapide et très-succincte de l’un d’entre eux, celui du pharaonRamsès, fils et successeur de Meïamounn. La décoration des tombeaux royauxétait systématisée, et ce que l’on trouve dans l’un reparaît dans presque tousles autres, à quelques exceptions près, comme je le dirai plus bas.
» Le bandeau de la porte d’entrée est orné d’un bas-relief (le même sur toutesles premières portes des tombeaux royaux), qui n’est au fond que la préface,ou plutôt le résumé de toute la décoration des tombes pharaoniques. C’est undisque jaune, au milieu duquel est le soleil à tête de bélier, c’est-à-dire lesoleil couchant entrant dans l’hémisphère inférieur et adoré par le roi, àgenoux; à la droite du disque, c’est-à-dire à l’orient, est la déesse Neplithys, età la gauche ( occident ) la déesse Isis , occupant les deux extrémités de la coursedu dieu dans l’hémisphère supérieur; à côté du soleil et dans le disque, on asculpté un grand scarabée, qui est ici, comme ailleurs, le symbole de la régé-nération ou des renaissances successives; le roi est agenouillé sur la montagnecéleste, sur laquelle portent aussi les pieds des deux déesses.