MAISONS DE VILLE.
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Dans les appartements de second ordre, la salle qui tient lieu de vesti-bule et d’antichambre participe des dispositions et des caractères qui viennentd’être assignés à ces pièces en les supposant distinctes.
Salles a manger. La salle à manger doit être une des plus grandes piècesde l’appartement, et nos habitations modernes laissent trop souvent à désirersous ce rapport ; presque toujours cette salle y est sacrifiée au salon, et c’està tort. Nulle part peut-être l’air et l’espace ne sont plus nécessaires; carc’est un véritable supplice qu’un dîner, où l’on est serré les uns contreles autres, où l’odeur des mets vous porte à la tête, où la chaleur vous accable,et où les domestiques, gênés dans leurs mouvements, viennent à chaqueinstant frôler votre siège. La chère la plus succulente, les vins les plusexquis ne sont point une suffisante compensation à tous ces tourments, et,si choisis que soient les convives, l’esprit se cache, la gaieté s’éteint, etla conversation, cette âme des festins, est triste et languissante. C’est unedes grandeurs de l’homme d’avoir su ennoblir toutes les nécessités de sonexistence, d’avoir couvert par des jouissances de l’esprit la satisfactionaccordée à ses besoins matériels, au point de faire disparaître la gros-sièreté du fond sous l’élégance de la forme, et de réduire ce qui était lebut à l’origine à n’être plus qu’un prétexte. La nécessité de couvrir soncorps a engendré la toilette avec ses richesses, ses fantaisies et ses innom-brables variétés; celle de se mettre à l’abri des intempéries de l’atmo-sphère a donné naissance à l’Architecture, qui, se défiant de ses propresressources, a appelé à son secours les merveilles de la palette et du ci-seau; à celle de se nourrir, on doit l’art culinaire aux élégances recher-chées, le luxe plein de goût du service de nos tables, et surtout cescharmantes réunions où l’esprit excité s’épand en vives saillies, où l’amitiédevient plus expansive, et où s’oublient si bien les tristes préoccupations dela vie.
Que l’architecte mette donc le local en harmonie avec la fonction, telleque l’a créée le développement moral et intellectuel de l’humanité. Que lasalle à manger soit disposée de manière à venir en aide aux divers plaisirsqu’on y doit goûter. Que la circulation n’y soit point embarrassée, que l’airs’y renouvelle, que la température ne s’y élève pas trop. Qu’on s’abstiennede revêtir ses parois des marbres ou des stucs qui étaient de mode il ya quelques années, et qui ont quelque chose de glacial dans notre climat;