NOTES.
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A
SUR 1/ARCHITECTURE LOMBARDE.
Je ne veux pas être accusé de trancher à la légère (1) une question qui a été longuementcontroversée dans ces dernières années, et elle est d’ailleurs de trop grande importance histo-rique pour que je ne regarde pas comme un devoir de faire connaître les motifs de mon opinion.
En France , des archéologues, dont l’autorité repose sur les titres les plus sérieux, ontnié formellement l’existence d’une architecture lombarde ; en Italie, l’Athénée de Brescia acouronné deux mémoires provoqués par un concours qu’il avait ouvert, et qui concluentégalement à la négative. L’un, dont l’auteur est le comte Cordero de San-Quintino, con-servateur du musée égyptien de Turin , a pour titre : Dell’ italiana architettura durante ladominazlone longobarda; l’autre, dû aux frères Sacchi, est intitulé: Délia condizione econo-mica, morale e politica degli Italiani nei bassi tempi.
Des considérations de divers ordres ont été invoquées à l’appui de cette thèse. Ellespeuvent être résumées ainsi qu’il suit :
«Avant l’invasion, les Lombards étaient de vrais barbares féroces et nomades, s’abri-tant sous des tentes, ne vivant que de déprédations, marchant à de nouvelles conquêtesdès qu’ils avaient épuisé les ressources de la contrée dans laquelle ils s’étaient momenta-nément établis. Leurs croyances, d’origines diverses, étaient un grossier mélange dessuperstitions du Nord et des erreurs de l’arianisme. Ils n’avaient point de lois écrites, pasmême d’écriture, d’art pas davantage. Ils n’ont donc pu apporter un style d’architectureà l’Italie . Ils n’ont même exercé aucune influence sur celui qu’ils y ont trouvé, car ilsétaient fort indifférents en pareille matière, Ils ont dû accepter celui qui s’est présentéà eux, et leur action a dû se borner à précipiter la décadence. Leur domination de deuxsiècles, en Italie , n’a produit que désastres, guerres incessantes, et cruelle oppression desvaincus ; si elle a vu élever quelques édifices, c’est par les mains d’artistes italiens. LesLombards n’ont pas pris racine en Italie ; il n’y a point eu fusion des deux peuples, consti-tution d’une de ces nationalités distinctes que produit le mélange de deux races. Enfinon a faussement attribué aux Lombards des constructions qui leur sont de beaucoup posté-rieures, et celles qui datent de leur époque n’annoncent aucune innovation en architecture. »
Je n’ai le dessein de contester ni la barbarie des Lombards, ni la dureté de leur joug,
(1) Pages 253 et suivantes.