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1/1 (1864) Hôtels privés / par César Daly
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A

BARON HAUSSMANN

SÉNATEUR, PRÉFET DE LA SEINE

GRAND-CROIX DK 1,ORDRE IMPERIAL DE LA LÉGION DHONNEUR.

Nous ne pouvons marcher comme aux dernierssiècles. Nous devons obéir au temps, aux nécessitésdu progrès. Nous devons suivre lessor de la civili-sation. Nous allons à la vapeur, tant pis pour ceuxqui restent en route. Ce noble courage, cette volontéénergique de tout faire, de réaliser le bien partout,cest le feu sacré.

M. LE .VINÏSTRE DÉTAT ROUHER.

( Discours du 10 mai 1864.)

Monsieur le Préfet,

Je viens vous prier dagréer la dédicace des troistomes sur « Y Architecture privée de Paris et des Envi-rons, sous Napoléon III , » dont jachève la publicationen ce moment.

Ce livre nest quune des nombreuses conséquencesdes grands et utiles travaux de Paris : il a pour but demettre en lumière les remarquables progrès accomplisdans l'architecture privée, grâce à ces travaux.

De tout temps les grandes choses rapidement réali-sées ont frappé limagination des hommes, et ce quilsadmirent surtout dans les plus magnifiques témoignagesde la puissance, cest la soudaineté jointe à la grandeur.Rien, en effet, ne peut flatter plus légitimement lorgueildune génération; car, pour produire de telles oeuvres,elle a fournir à elle seule leffort quon attendait seu-lement dune longue période de temps. La rénovationde Paris nous a donné ce beau spectacle.

Et ne pensons pas quil soit chèrement acheté. Lapromptitude de lexécution, en ajoutant son prestigeaux mérites du plan général, satisfait en même tempsà de sages prévisions déconomie. Timidement conçue,timidement poursuivie, marchant pas à pas, lentre-prise, par sa lenteur, aurait eu le double inconvénient decoûter des sommes bien plus considérables, et de rejeterdans un avenir lointain les avantages du fait accompli;tandis que, par son train grandiose et son allure rapide,elle crée dune seule pièce, et ne laisse point dintervalleentre les sacrifices de la veille et les compensations du

lendemain.

Mais pour ne parler que de ce qui touche à larchi-tecture privée, lobjet spécial de louvrage dont jailhonneur de vous entretenir, il nétait pas possible,

avec le système lent et indécis des anciennes adminis-trations, de lui faire réaliser tout le progrès dont elleétait immédiatement susceptible. Pour que les habita-tions parisiennes de toutes les classes, depuis les hôtelsluxueux de nos riches financiers jusquaux modesteslogements des petits employés et des ouvriers, pussent,chacune dans son genre et suivant son importance,sharmoniser avec les besoins de la population, les con-venances sociales et les ressources de notre époque, ilne suffisait pas que les architectes fussent habiles et lescapitalistes éclairés, que les produits des diverses indus-tries du bâtiment fussent dune incomparable variétéet dune grande richesse; il fallait encore que le milieuappelât et favorisât généralement, au lieu de la repous-ser, laction de ces agents divers.

Quun architecte soit chargé, par exemple, de con-struire une maison ou même un groupe de maisons dansun quartier mal percé, mal aéré, formé dun entassementde bâtiments anciens, déchus de leur rang, et de sor-dides constructions modernes, comment, je le demande,pourra-t-il échapper à linfluence de ce milieu? Gommentbâtir avec des matériaux de choix, demander à lin-dustrie ses produits perfectionnés, relativement coûteux,à l art ses grâces même les plus modestes, sans choquerà la fois une convenance matérielle et une convenancemorale, le bon sens qui défend dassocier des construc-tions disparates, et le sentiment dhonnêteté qui ordonneà larchitecte de ne pas perdre de vue, dans son travail,les intérêts de son client? Lartiste ne sera-t-il pas con-traint, malgré sa répugnance, damener lœuvre nou-velle à une certaine conformité daspect et de natureavec ce triste entourage, en se bornant aux seules amé-