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Epoque Louis XVI : architecture décoration et ameublement : dessinés et gravés d'après des motifs choisis dans les palais imperiaux, le mobilier de la couronne les monuments publics et les habitations privées / avec texte descriptif par Rodolphe Pfnor
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PALAIS DU PETIT TRIANON .

La planche XII donne lensemble de lune des faces du grand salon : les trois autres facessont pareilles, si ce nest quun panneau y remplit lespace occupé, sur la planche XII, parla cheminée.

Quatre portes souvrent dans le grand salon & conduisent à la salle à manger, au petitsalon, au boudoir & à la chambre à coucher. Notre planche XIII reproduit les détails desculptures qui couronnent ces quatre portes & encadrent quatre tableaux de Pater, attribuéssouvent mais à tort à IVatteau , son maître & son compatriote (*) :

La Danse. Hauteur, o m ,86; largeur, i m , 3 3. Composition de neuf figures. La Balançoire.Haut., o m ,86; larg., i ra ,32. Composition de huit figures. Le Repas champêtre. Haut., o m ,86;larg., i m ,34- Composition de sept figures. Le Cojicert champêtre. Haut., o m , 86; larg., 1 m ,34.Composition de sept figures.

Nous donnons sur la planche XIV quelques détails des boiseries sculptées & le montantde la cheminée, lequel est, ainsi que le foyer, en magnifique brèche violette. Notre figuren° 17 complète cette cheminée, dont elle donne le profil & la partie du milieu de la frise.

Sur un des meubles du salon se trouve un magnifique biscuit de Sèvres, représentant lareine Marie-Antoinette .

La planche XV permet détudier, sur plusieurs spécimens de moulures, le genre dornemen-tation qui régnait à cette époque.

La planche XVI enfin reproduit la cheminée en marbre blanc du boudoir, & complètela monographie du palais proprement dit. La construction de cette cheminée est loin dêtreirréprochable, mais les sculptures qui la couvrent sont dune extrême finesse dexécution : cestà ce point de vue surtout que nous la reproduisons. Du reste, cette délicatesse merveilleuse& cette précision dans le ciseau sont sensibles non-seulement dans le boudoir, mais encoredans la chambre à coucher, deux petites pièces qui, à elles seules, vaudraient la peine quonleur consacrât une monographie.

Cest dans cette dernière pièce, dit-on, au milieu de tous les jolis riens dont aimait àsentourer Marie-Antoinette , que se passa, en 178^, un des épisodes les plus émouvants de cedrame du collier de la Reine, drame aussi triste par le nom & le caractère des personnagesqui sy sont trouvés mêlés, quattachant par lespèce de mystère qui la si longtemps enveloppé ;drame curieux, la société brillante & corrompue du xvm e siècle sest peinte avec un reliefsaisissant (**); drame plus varié & plus original que le Mariage de Figaro, & dans lequel figurentcomme principaux acteurs le cardinal de Rohan, M me de Lamotte, Cagliostro , & comme simplescomparses, un faussaire, Retaux de Villette, une fille perdue, la dOliva, le père Loth , lefinancier Saint-James & le baron de Planta.

Fasciné par M me de Lamotte, trompé par les fausses signatures quon lui avait mises sous lesyeux, le candide cardinal sétait décidé à acheter à Bœhmer, pour le livrer à M me de Lamotte,le fameux collier de diamant, estimé 1,600,000 livres, & payable en quatre échéances de400,000 livres, de six mois en six mois. La première échéance avait sonné, mais largent narrivaitpas. Bœhmer sadressa en vain au cardinal qui se rejeta à son tour sur M me de Lamotte, quetous deux considéraient, dans cette affaire, comme lintermédiaire de la reine. Pressé par lebesoin dargent, menacé dans ses intérêts, Bœhmer écrit à la reine, sous la dictée du cardinal

(*) Nous avons suivi pour la plupart des renseignements, concernant les sculptures et les peintures placées dans les appartements et dans les jardins dupetit Trianon , lexcellente notice du conservateur-adjoint du Musee de Versailles , M. Eudore Soulié , qui a bien voulu mettre a notre service, chaque foisque nous len avons prié, sa grande expérience et son érudition.

(**) Marie-Antomette et le Procès du collier , Chaix dEst-Ange ; Moniteur (1864.) du 13 août au 3 septembre, passim.