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Le hameau est, parmi les dépendances du jardin, la dernière que nous ayons à signaler ;il se compose de plusieurs maisons rustiques construites par Mique et Hubert Robert ,pour Marie-Antoinette : on y remarque le moulin, le presbytère, la maison du garde-chasse, lalaiterie, la maison du bailli, et, un peu plus loin, une cabane, séjour habituel de la reine,construction simple et sans apparence, mais dont le mobilier seul avait coûté près de6o,ooo francs.
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Fig. l8. — EBRASEMENT DES PORTES-FENETRES DU PAVILLON DES CONCERTS (page 31).
Ici s’arrête notre description du petit Trianon . Le temps et les révolutions ont en vainpassé sur le palais et sur les jardins; ils sont toujours là, l’un debout, les autres verdoyants, sansavoir rien perdu de leur charme et de leurs souvenirs. Bien des têtes souveraines ont reposésous ces gracieux portiques, bien des traces royales ont foulé ces sentiers pittoresques, maisaucune n’a pu effacer l’empreinte de celle qui la première les anima de sa présence aprèsen avoir été la créatrice. C’est toujours elle que l’on croit voir, sur cette petite scène deson choix, au milieu de ses ombrages préférés, répétant, au bruit joyeux des rires, cettepastorale royale dont l’archevêque de Paris , le comte d’Artois, Monsieur et le roi lui-mêmeacceptaient si gaiement les rôles : comédie puérile, dénouée brusquement en drame sur laplace de la Révolution, et dont les échos affaiblis, après avoir troublé dans leur retraite lesnobles exilés d’Hartwel et d’Holy-Rood, devaient aller s’éteindre, avec le dernier acteur, dansles solitudes de Goritz.