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Epoque Louis XVI : architecture décoration et ameublement : dessinés et gravés d'après des motifs choisis dans les palais imperiaux, le mobilier de la couronne les monuments publics et les habitations privées / avec texte descriptif par Rodolphe Pfnor
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EPOQUE LOUIS XVI.

cette autre galerie non moins célèbre le Primatice & Nicolo del Abbate avaient peint àfresque les aventures du roi dIthaque , & fit construire à la place de lune & de lautredes appartements pour le service (*).

Le règne de Louis XVI apporta, comme les époques précédentes, son contingent de res-taurations & de constructions nouvelles au vieux palais de saint Louis et de François I er ; dumoins neut-on pas à regretter, cette fois, la perte irréparable dun chef-dœuvre, & lesaménagements nouveaux, loin de faire tache parmi les anciennes constructions, leur ajou-tèrent au contraire un surcroît de variété et de splendeur. Le boudoir de la %eine , dont nousallons faire une description détaillée, date de cette dernière époque.

Lemplacement, que ce boudoir occupe encore aujourdhui, faisait autrefois partie ducabinet des Empereurs, ainsi nommé depuis Charles IX , qui y avait fait représenter les portraitséquestres des douze Césars. Louis XIV avait empiété le premier sur la vieille salle deCharles IX pour agrandir son salon de réception, devenu depuis la salle du trône (**). De cetempiétement résulta un délaissé de y à 6 mètres, resté, sous Louis XV , sans destinationapparente, & dont Marie-Antoinette résolut plus tard de profiter pour sarranger un petitréduit selon ses caprices et ses goûts. Larchitecte Rousseau fut chargé de tailler dans cetétroit espace un boudoir ou petit salon, avec salle de bains & les accessoires dun cabinet detoilette. La reine pouvait communiquer avec son nouveau boudoir par les deux portes placées

à droite & à gauche du chevet de son lit; & comme la hauteur de cette pièce ne se trouvait

plus en rapport avec ses petites dimensions, larchitecte, ne donnant au boudoir quune hauteurde 3,f4, utilisa la partie supérieure en y établissant une petite chambre à coucher avec cabinetpour une femme de service. Un couloir ménagé entre la chambre à coucher de la reine & lasalle de bains donnait accès, par un petit escalier, à cette chambre, désignée, à cause de sadécoration dans le goût oriental, sous le nom de boudoir Turc ; deux jours dérobés permettaientde voir à droite & à gauche, du haut du palier, ce qui se passait dans les deux salles du

bas : le salon de François I er & le salon de Louis XIII (***).

Le plan du boudoir, reproduit sur notre planche XXXVI, représente un carré presqueparfait avec deux pans coupés : la largeur en est de £,7y, sur une profondeur de ^,4^. Uneporte vitrée, ménagée entre les pans coupés, ouvre sur la salle de bains, dont la forme ellip-tique mesure j,fo sur 1,93.

Le parquet du boudoir, dont nous donnons sur notre plan (pi. XXXVI) le dessin aveclassemblage des bois, est en acajou massif; dans ce parquet, le chiffre de la reine, MA, estincrusté au milieu dune étoile dont les branches rayonnent du centre de la pièce.

(*) La galerie dUlysse sélevait à la place occupée, depuis Louis XV , par laile neuve de la cour du Cheml Blanc. « Cette galerie, dit M. Castellan,commencée par François I er et bâtie sur les dessins de Serlio , ne fut finie quen 1563. Sa décoration intérieure eut besoin dêtre restaurée sous Henri IV , quiconfia cette délicate fonction au peintre Dubreuil. Sous Louis XIV , en 1661, un nommé Balthasar fut chargé du même travail. » Le désir détendre leslogements des courtisans à la suite de la cour fit sacrifier cette magnifique suite de peintures : ce ne fut pas néanmoins sans exciter les regrets et sattirer lesreproches des gens de goût et des amateurs que Louis XV put consommer cet acte de vandalisme : on en trouve la preuve dans les correspondances delépoque : « Ces admirables peintures, dit le comte dAlgarotti dans une lettre datée de 1744, avaient encore la fraîcheur, le relief et la force de coloris quellespossédaient quand Vasari les décrivait. » Le comte dAlgarotti , auquel la postérité doit tenir compte de ses plaintes fondées au sujet des dévastations barbaresdont le palais de Fontainebleau était alors le théâtre, oublie évidemment que, depuis Vasari , mort en 1574, les fresques du Primatice et de Nicolo del Abbateavaient déjà subi lépreuve du pinceau de Dubreuil et de Balthasar.

(**) Cest dans cette antichambre, démolie sous Louis XIV pour agrandir la salle du Trône, que fut arrêté, par les ordres de Henri IV , Charles de'Gontaut, duc de Biron, accusé davoir comploté avec la Savoie et lEspagne le démembrement de la France .

(***) Une porte, dissimulée dans langle du salon de François I er , ouvre sur un escalier dérobé qui mène également au boudoir de Marie-Antoinette .Dans le salon Louis XIII , la petite porte, ouverte à côte de la place est accouchée Marie de Médicis , établit une communication directe avec le mêmeboudoir.