246 »R l’acide sulfurique,
rer dans des chaudières de plomb jusqu’à ce qu’il marqueenviron 55'. Par cette concentration on dégage beaucoupd’eau, et tout l’acide sulfureux. Alors on l’introduit, soitdans des cornues de verre, ou, ce qui est préférable, àcause de la fragilité de ces vases, dans un alambic de pla-tine dont le chapiteau en même métal communique avecun récipient en plomb. Ce récipient a pour but de conden-ser les vapeurs qui entraînent toujours une certaine quan-tité d’acide sulfurique. Dans ce dernier appareil, l’acideest concentré jusqu’à 66°; alors, si on continuait de lechauffer, il passerait à la distillation, c’est-à-dire qu’onne pourrait plus enlever l’eau qui lui est combinée. On leretire encore chaud de la cucurbite au moyen d’unsyphoneu platine, qu’on refroidit en entretenant dans un doubletuyau qui l’enveloppe un courant d’eau froide, et on lefait rendre dans de grosses bouteilles de grès pour le livrerau commerce.
L’acide sulfurique ainsi obtenu est encore impur ; ce-pendant il peut servir en cet étal à un grand nombre d’o-pérations manufacturières et pharmaceutiques : mais pourles expériences des laboratoires de chimie et principale-ment pour les recherches analytiques, il faut le priver dela petite quantité de sulfate de plomb qu’il contient et dessels que renferme naturellement l’eau qui a servi à sa pré-paration. C’est par la distillation qu’on le purifie. Cetteopération, qui demande quelques précautions à observer,se fait en plaçant dans une cornue de verre recouverted’une couche de lut terreux, une certaine quantité d’acidesulfurique du commerce. On introduit dans la panse quel-ques fragmens de verre , ou des petits morceaux de fil deplatine contournés sur eux-mêmes, afin d’empêcher lessoubresauts qui se produisent pendant l’ébullition de l’a-cide et qui pourraient faire briser la cornue. Après avoirrempli ces conditions, on la dispose sur un triangle de fer,